‹ La plume des oiseauxChapitre 52 sur 110 · NY · texte numérisé non relu

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| Fig. 54. — Le Phaëéton éthéré.

Ë Les Laridés. — Caractéres. — Au fur et à mesure que

les navires s’éloignent de la haute mer pour se rapprocher de la terre ferme, ils sont entourés, précédés, suivis par une multitude d’oiseaux côtiers qui viennent, comme pour

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signaler aux marins que le rivage n'est plus éloigné : ce

sont les Laridés. On les reconnaît à leurs ailes aiguës, grandes, longues et larges, taillées en pointe effilée, à leur

plumage épais, à leur manteau gris bleuâtre qui peut revêtir …

les teintes les plus variées, passer du blanc au bleu de

mouette et atteindre le noir ardoisé. Les flancs et, chez cer-

taines espèces, la tête et le cou son blanc éclatant, ou teintés :

de rose sur fond blanc ; chez d’autres, un capuchon de couleur foncée orne la tête et la partie supérieure du cou. Tous

ont le bec fendu jusqu'aux yeux, presque tous portent quatre

doigts, les trois antérieurs palmés, le pouce libre. Les plus

petits ont l'envergure des Choucas, les plus grands celle,

des Aïgles.

Mœurs et habitation.— On les trouve d’ailleurs sur toutes les mers, quoique plus particulièrement dans les régions

septentrionales ; ils s’éloignent peu de la terre ferme, et, bien qu’on en voie souvent en pleine mer, on peut dire qu’ils pré-

fèrent le voisinage de la côte et des grands fleuves dont ils

se plaisent à remonter le cours en volant. A terre, leur dé-

marche est. noble et rapide; à la surface des flots, ils se

posent et glissent avec la légèreté de bulles d’écume; en .

l'air, leur vol est ondulé, plein de gracieuseté et de souplesse ; ils l’interrompent pour se précipiter, avec une - vigueur telle, qu’ils plongent dans la mer jusqu’à deux pieds de profondeur, à la poursuite de leur proie. |

Les Laridés ont la vue perçante et l’ouïe fine ; de l'intelli-

gence, de la prudence et une certaine sagacité quileur fait de- |

viner les intentions de l’homme à leur égard; entre eux, ils se montrent jaloux quoique sociables ; avec les autres oiseaux, ils sont désagréables, et cependant on les voit rechercher la compagnie des Pingouins et des Plongeons au milieu desquels ils font leur couvée.

Plusieurs espèces de Laridés sont des oiseaux voyageurs, et, en fait, aucune n’est absolument sédentaire; la plupart

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- de celles qui émigrent s’en vont à la recherche d’une nourriture plus abondante, et les déplacements périodiques se remarquent surtout chez les espèces qui, ne vivant pas exclusivement de poisson, font entrer les insectes, pour une large part, dans leur alimentation. Pour beaucoup tout est régal, les corps morts aussi bien que les animaux vivants; et comme les Laridés paraissent tourmentés sans cesse par une insatiable faim, ils tiennent plus à la quantité qu’à la qualité.

Les Laridés sont courageux; ils tiennent tête à leurs ennemis, et parviennent souvent à mettre en fuite des oiseaux de proie de forte taille ; en cas de besoin, ils s’entr’aident et c’est par colonnes serrées qu'ils s’élancent à l'attaque.

Au moment de la reproduction, les Laridés gagnent fréquemment les eaux intérieures ; mais, ils se tiennent surtout sur les côtes où ils s’établissent en innombrables colonies. Sur les falaises immenses, leurs nids faits de lichen desséché, se touchent, et leurs œufs sont si nombreux qu’ils constituent pour les habitants de certaines contrées du Nord une précieuse ressource alimentaire. Les propriétaires norvégiens regardent les œufs des Laridés comme une partie essentielle du revenu de leur terre. Chaque nid contient de deux à quatre œufs à coquille épaisse et granuleuse, tachetée de gris cendré ou de brun noir sur un fond vert ou tirant sur le brun. L’incubation dure de trois à quatre semaines. Les petits qui naissent couverts de duvet, ne se jettent point à l'eau, sitôt éclos, à la manière de beaucoup de palmipèdes ; ils ne quittent l’endroit où ils sont nés qu’au bout d’un certain temps, après qu’ils ont essayé leur premier vol. Les père et mère les nourrissent, durant cette période de première jeunesse, d’abord d’aliments à moitié digérés, etun peu plus tard de proies fraîches.

Les plumes des Laridés sont employées dans les pays du

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Nord, comme duvet de literie, et y remplacent, quoique imparfaitement, l’édredon. fe

Chasse. — La chasse des Laridés au fusil ne présente aucune difficulté, il suffit de jeter en l'air un mouchoir blanc pour attirer ces oiseaux. Lorsque quelques-uns ont été | f abattus, ces corps blancs flottant sur la mer servent d’amorce aux autres Laridés qui s’approchent curieusement, comptant rencontrer une proie facile. On capture aussi ces oiseaux à l’aide de collets tendus sur les bancs de sable; au filetetà l’hamecon appâté avec du poisson. En captivité, ils vivent ets’accoutument, reconnaissent le pourvoyeur qui les soigne, f et s’habituent facilement à rester dans l’enclos où on les a parqués. Ils s'y reproduisent, à la condition qu’il soit vaste.

Les Goélands. — Les plus grands Laridés sont les Goélands ou Mouettes pécheuses; ils sont de formes relativement massives, et tous ils sont dépourvus de capuchon. Leur couleur dominante est le gris cendré ou le bleuâtre pâle, chez les uns ; chez les autres le gris ardoisé. Les espèces les * mieux connues sont : le Goéland marin (fig. 55); le Goéland brun; le Goéland argenté (fig. 55); le Goéland bourgmestre; L le Goéland leucoptère. On les trouve tous dans les régions 5 septentrionales entre le 70° et le 60° degré.

Les Pagophiles. — Après les Goélands, citons les Pagophiles ou Mouettes des plaines glaciales. Elles ont le corps de forme très élancée, et dans leur vieillesse, leur plumage devient d’une blancheur éclatante. La Pagophile blanche, de Mouette d'ivoire ou Sénateur, d’un blane pur, avec les ailes nuancées de rose, habite les hautes régions septentrionales du globe. Elle est commune au Spitzherg, dans l'océan Glacial d'Asie, dans le nord du Groenland, mais on ne la rencontre déjà plus en Islande, Elle se repaît avidemment des cadavres des animaux tués par les chasseurs d'ours blancs et de phoques, et dévore gloutonnement les déjections laissées à sur la glace par les morses, à leurs places de repos. °

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