‹ La plume des oiseauxChapitre 53 sur 110 · Fe Fe · texte numérisé non relu

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Les Risses. — Les Risses ou Mouettes tridactyles, presque.

exclusivement piscivores, se distinguent des autres par un esprit de sociabilité plus développé et par le besoin qu’elles

paraissent éprouver de crier continuellement. Le gris cendré A LA { A A ‘ bleuâtre au manteau, le blanc éclatant à la tête, au cou,

aux flancs, au croupion et à la queue, le noir à la pointe des ailes sont, avec le rouge corail de l'iris, le jaune citron du bec, les couleurs de ce gracieux oiseau du Nord, qui fait de fréquentes apparitions sur nos côtes, et jusque dans les régions tout à fait méridionales. Plus souvent que les autres

Mouettes, la Risse tridactyle se montre dans l’intérieur des

terres, et s'avance très loin, en remontant les rivières et les fleuves.

Il existe beaucoup d’autres espèces de Mouettes, notamment les Chroïcocéphales ou Mouettes à capuchon, dont l'espèce la mieux connue et la plus répandue est la Mouette rieuse, appelée aussi Mouette des lacs, Corneille de mer et Mouette à tête noire. Disons, sans insister davantage, que toutes les Mouettes à capuchon se tiennent dans les régions tempérées qu’elles ne quittent qu’exceptionnellement pour les contrées du Nord.

Voici un fait des plus curieux rapporté par M. Sabin Berthelot, membre honoraire de la Société d’acclimation, ancien directeur du Jardin d’acclimation d’Orotava(Canaries). Le récit de M. Berthelot a pour objet de montrer quel désir

irrésistible de déplacement éprouvent les oiseaux à l’époque

des migrations qui précèdent les nichées :

« Un oiseau de l’espèce des grands Goélands à manteau noir, assez communs dans les régions septentrionales de l'Amérique, avait été pris tout jeune et donné en cadeau au D' Néill (d'Edimbourg). Cet oiseau s’éleva avec des canards

domestiques ; il partageait leur nourriture et se fit tellement

familier qu’il se présentait de lui-même à la fenêtre de la cuisine pour recevoir des débris de poisson et autres rejets.

Devenu adulte est très fort, il prit son vol au printemps de 1822, mais revint en octobre de la même année, quand on le croyait perdu pour toujours. Depuis cette époque, ce Goéland continua ses échappées temporaires et revint même une année avec un jeune de sa race, un de ses petits sans doute, blessé à l’aile et qui mourut bientôt. Le vieux reprit ses excursions vers les régions inconnues où il allait prendre ses ébats et rester tout le temps des nichées. Cet oiseau était connu de tous les enfants du village de Canounille, qui l’appelaient le Goéland de Néïll. L'instinct qui guidait périodiquement cet oiseau dans ses migrations lointaines, à l’époque des accouplements, est des plus admirables, car ce Goéland, en partant, au printemps, des environs d'Edimbourg, ne pouvait aller nicher que sur la côte de Labrador ou à Terre-Neuve, c’est-à-dire à mille lieues au moins de son point de départ! Et pourtant, pendant vingt-sept ans, il continue ce même manège, passant alternativement de la vie libre à la vie privée. Le journal dans lequel le D' Néill tenait compte de ses observations s’arrête à 1837: « Maintenant, écrivait-il à cette date, je ne l’attends plus qu’en novembre. Mais il ne revint plus. ‘ »

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