LES OIES
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costume du laboureur, s’en va poussant une charrue, à la manière d’un honnête cultivateur, et comme, au lieu de l'aiguillon, il s’est armé d’un bon fusil, chargé de gros plomb, il fait feu sur les volatiles qu’il a dupés, à l’aide de cette supercherie. Certains chasseurs, plus curieux de butin que de gloire, profitent du moment où les Oies sont en mue, et ne peuvent voler, pour les poursuivre en canots, comme le font les Lapons. Bientôt épuisés à force de plonger, les volatiles se laissent tuer à coups de bâton. M. le baron d'Hamonville parle d’un autre genre de chasse qu'il a vu pratiquer sur l’étang du Stock, près Langatte, arrondisse ment de Sarrebourg, étang appartenant à la marquise de Turgot. Voici en quoi consiste ce genre de chasse, dit cet auteur : &« Quand le froid est très vif, surtout si le sol est couvert de neige, le chasseur part au coucher du soleil et ya se placer à l'affût près d’un ruisseau, sur lequel il sait que s’abattent les Oies et les Canards sauvages. Il se dissimule le mieux possible contre un tronc de saule, un buisson d’épine ou un poteau, se couvre d’un vêtement blanc et attend immobile, le fusil à la main. Dès que le crépuscule commence, les Anatidés se mettent en mouvement, et aussitôt que le chasseur entend le sifflement d'ailes caractéristique, il porte le fusil à l'épaule sans attendre qu’il aperçoive le gibier qui est à portée dès qu’on le distingue. Quand la troupe, au lieu de passer sur la tête du tireur, s’abat à ses pieds, ce qui arrive souvent, lorsqu'il a bien choisi sa place, il doit attendre que les oiseaux, repliant à moitié leurs ailes , étendent leurs pattes pour se poser et forment une masse confuse; d’un seul coup, il peut faire une chasse superbe !, »
Si l’on fait aux Oies sauvages cette guerre si acharnée, ce
1 Baron d'Hamonville, La Vie des Oiseaux, scènes d'après nature, Paris, 1890, p. 349.350.
n’est point surtout à cause des dégâts qu'elles commettent dans les récoltes en herbe,et en mangeant les jeunes pousses, 4 mais pour se procurer leur chair et leur duvet, plus esti- … més, à juste raison, que la viande et la plume des Oies s domestiques. 1
Le Canard tadorne. — Parmi les nombreuses espèces dé à è Canards, le Tadorne est celui que recherchent le plus les habitants de Sylt et des autres îles de la mer du Nord, à cause du profit qu'ils tirent des œufs et du duvet recueilli dans les nids après l’éclosion. Ce duvet, toujours plus pro- F
pre que l’édredon, en a presque la valeur. À
Distribution géographique. — Le Tadorne vulgaire à (fig. 59), un des Anatidés les plus communs sur les côtes de nt la Baltique et de la mer du Nord, se rencontre, au nord,
jusqu’au milieu de la Suède, au sud jusqu’au nord de l'Afri- … que, au bord des lacs où on le voit en bandes innombrables, On le trouve aussi sur les côtes de la Chine et du Japon, en Sibérie et dans l’Asie centrale, partout où il y a de grandes étendues d'eau. C’est plus particulièrement sur les lacs salés et dans sur les eaux saumâtres qu’il aime à vivre, lorsqu'il ne se tient pas sur les bords mêmes de la mer. "
Caractères. — Ce bel oiseau a la tête et le cou d’un vert foncé brillant, deux taches noires sur les épaules, une grande tache pectorale, le milieu du dos, les couvertures des ailes, les flancs, les plumes de la queue d’un blanc éclatant; le milieu de la poitrine et le ventre d'un gris noir; un large collier et quelques-unes des rémiges secondaires d’un beau rouge cannelle ; les couvertures inférieures de la queue jau-. nâtres; les remiges noirâtres ; les plumes qui font le miroir vertes à éclat métallique. Longueur 66 centimètres. La fe- … melle, quoique portant des couleurs moins vives, ressemble au mâle.
Mœurs et régime. — Si la démarche du Tadorne est lourde, son vol est puissant, et il nage bien, Sa nourriture
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LE CANARD TADORNE 233
consiste en substances végétales, surtout en graines de jonc, - de graminées et de céréales. Il fait aussi grande consommation de petits poissons, de mollusques, de vers et d'insectes. En captivité, il mange volontiers de la viande crue, et il dé-
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F1G. 59. — Le Tadorne vulgaire,
périrait vite si l’on excluait deson alimentation les substances animales.
Quoique prudents et craintifs, les Tadornes s’habituent vite à l’homme, et ils ont bientôt appris à reconnaitre s’il a pour eux de bonnes ou de mauvaises dispositions, Quand ils
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sont assurés de sa bienveillance, ils ne montrent à son ap- RU proche, aucune crainte, ‘et se dérangent à’ peine pour le. 4 laisser passer. | On s’est plu à raconter sur la manière de nicher du Tadorne mainte histoire invraisemblable. On l’a enr ES à J vivant de compagnie et en fort bonne intelligence avec un renard dans son terrier, et, ce qui est mieux, dans le même ne. trou, avec un blaireau mâle et un renard femelle, vivant eux-mêmes dans les meilleurs termes. Malgré l'autorité de … Naumann, et les rapports circonstanciés que lui fit, surcette singulière triple alliance, le forestier Grœmblein,. nous persistons à croire qu’un renard en appétit ne se fait pas scrupule de dévorer le Tadorne. Get oiseau à beau être courageux, et se défendre vaillamment contre certains oi" 3 seaux de proie, il est fort douteux qu'il s'expose volontiers ‘4 aux entreprises des renards et autres carnassiers de même * taille ; surtout qu'il les tienne en respect par l'énergie de son # attitude. Il est non moins certain que le renard et le blaireau sont d'irréconciliables ennemis et qu'ils n’habitent jamais ensemble; il est, en conséquence, difficile d'imaginer qu'on ait pu rencontrer dans la même demeure souterraine ces deux animaux accompagnés d’un couple de Tadornes, Ce . qui est vrai, c’est que le Tadorne niche dans desexcavations, et qu’il élit souvent domicile dans un terrier abandonné : la k plupart du temps, on trouve son nid établi, au milieu des À dunes sablonneuses, dans quelque trou de lapin. ‘# Domestication. — A Sylt, et dans les autres îles de la + côte du Schleswig, on construit pour les Tadornes des de- 1 meures artificielles. A cet effet, on pratique dans de petites ‘dunes, couvertes d’un gazon ras, des couloirs qui se croisent au centre, et où ces oiseaux viennent nicher. À chaque em= | # placement destiné à recevoir un nid, on adapte un couvercle en gazon, fermant exactement, mais pouvant être retiré à vo. 11 lonté, ce qui permet de visiter le nid. L'emplacement lui= …