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F13. 61, — Pied de Grebe.
pour capturer leur proie et ils l’avalent avant de remonter à la surface. Chose curieuse, dans l’estomac des Grèbes que l’on a dépouillés, on a trouvé des plumes de différents oiseaux; ils avalent même leurs propres plumes en assez grande quantité.
« Ce sont surtout les plumes de la poitrine qu'ils choisis sent, dit Naumann, et non seulement celles dont le ventre se dépouille à l’époque de l’incubation, mais encore celles qui tombent naturellement. On ne remaque chez aucun vieil
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oiseau l'absence complète de plumes, et l’estomac en est sou- 4 vent rempli à tel point qu’elles y forment une pelotte, dans ‘2 laquelle il n’est presque pas possible de retrouver les ali- 4 ments qui ont été absorbés. Le plumage qui couvre leur . poitrine l'indique à chaque saison ; il se compose de plumes naissantes, d’autres qui se Sven et, d'autres qui sont déjà avancées, enfin de plumes de tout âge au milieu de celles qui sont complètement formées. Ce n’est que lorsqu” ils” V4 sont revêtus de leur plumage complet qu’ils commencent à | s’arracher les plumes de la poitrine et à les avaler; ce goût n’est point encore développé chez les jeunes qui portent leur duvet, »
Nidification. — A l’époque des amours, le mâle et la femelle contractent entre eux une indissoluble union. Chaque
F1G. 62. — Œuf de Grèbe.
année, le couple revient nicher sur les eaux qui ont vu naître leurs premiers poussins. Un nid flottant, composé de détritus que le mâle et la femelle tirent du fond de l’eau et qu ’ils relient au moyen de quelques tiges de roseaux, reçoit de trois » à six œufs (fig. 62) qui sont ardemment couvés. Au bout de trois semaines environ, l’éclosion a lieu, et les petits sont aussitôt conduits à l’eau. Ils nagent dès leur naissance, eten
quelques jours ils deviennent, sous la direction et à l'exemple de leurs parents, d’habiles plongeurs. Tant que leur faiblesse les expose aux dangers, ils sont l’objet de la part des père et mère d’une surveillance continuelle. A la moindre alerte, les vieux les prennent sous leurs ailes et les entraînent, en plongeant, au fond de l'eau. Si les petits fatigués ont besoin de quelque repos, le père ou la mère plonge au-dessous d’eux, sort de l’eau à l’endroit précis qu’ils occupent et les charge sur son dos. Pour se débarrasser du précieux fardeau, 1l suffit à celui des parents qui le porte de plonger de nouveau et de mettre à flot Les petits. Le duvet des Grèbes est partout très épais ; à la partie inférieure surtout, où il constitue une véritable fourrure, il est uni et satiné.
Chasse. — C'est à cause des qualités de ce plumage, qui sert à fabriquer des manchons et à border des manteaux, que l’on fait une guerre acharnée à ces oiseaux inoffensifs. Ils sont pourchassés aussi bien sur les rivages de la Méditerranée que dans les contrées septentrionales, et, en 1857, M. Buvry estimait à 40.000 le nombre des dépouilles de Grèbes huppés et de Grèbes oreillards qui avaient été, en deux années, exportés d'Algérie en France et, de là, en Russie,
Captivité. — En captivité, les Grèbes restent volontiers sur les petits étangs qui peuvent leur assurer une nourriture suffisante; ils s’habituent même au régime de la volière, à la condition que leur prison contienne une pièce d’eau. Mais les Grèbes, en général, et le Grèbe huppé, en particulier, redoutent les grands froids, et ils résistent rarement aux températures rigoureuses. Bien que ces oiseaux soient craintifs et d’un naturel défiant, ils s’accoutument à la personne qui les soigne, la reconnaissent et s’y attachent.
Classification. — Il y a en Europe cinq espèces de Grèbes, qui toutes font partie de la Faune française :
1° Le Grébe huppé (fig. 63), au bec rougeâtre à pointe blanche, plus long que la tête; aux joues pourvues d’une
large fraise d’un noir lustré. Il mesure de 68 à 72 centimè. tres de long, et près de 1 mètre d'envergure.
20 Le Grébe sous-gris, au bec noir à base jaune, aux joues et à la gorge d’un gris de souris, sans fraise.
30 Le Grébe cornu ou Esclavon, au bec noir à pointe rouge, comprimé dans toute sa longueur; il porte deux longues touftes de plumes en forme de cornes.
4° Le Grèbe oreillard dont le bec déprimé à la base a la pointe relevée en haut. É
5° Le Grèbe castagneux, qui fréquente exclusivement les eaux douces. Il a les joues, les côtés et le haut de la tête entièrement dépourvus de fraise et de huppe. Les Casta- | gneux ou Plongeurs nains, appelés aussi plongeurs des fleuves et plongeurs des marais sont de charmants oiseaux de 24 à 27 centimètres de long et de 46 à 49 centimètres d’en-
vergure.
= Ilexiste en outre plusieurs espèces exotiques.
Les Guillemots. — Distribution géographique. — Tandis que les Grèbes sont plutôt des oiseaux d’eau douce que des oiseaux de mer, les Guillemots sont exclusivement pélagiens. Ils habitent les contrées boréales de l’Europe, de l'Asie, et . de l’Amérique. | k.
Mœurs. — Détestablesmarcheurs, en raison de la struc- | ture de leurs pattes, ils restent sur la terre dans une immo— bilité quasi complète; leur attitude gênée les a fait taxer de ; stupides, tout à fait à tort. Quoique mauvais voiliers, c’est. ë pourtant de leurs ailes qu’ils se servent, dans leurs miorations et pour gagner les rochers escarpés où ils font leurs nids, ils nagent et plongent à merveille; et saisissent avec … habileté sous l’eau les poissons, les insectes et les crustacés marins dont ils se nourrissent; ils vont les chercher quelquefois à des profondeurs considérables. A l’époque de la ponte, ces oiseaux se réunissent en grandes bandes, qui comptent quelquefois jusqu'à cent mille couples,