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Fic. 74. — Ailes.
A, Type d'aile sus-aiguë (Bécasseau); les couvertures supérieures ont été enlevées pour montrer l'attache des rèmiges à la main, à l'avant- à bras et au coude. 4, Pennes du pouce; 2, Pennes de la main (pri- “ maires); 3, Pennes de l’avant-bras (secondaires); 4, Pennes du coude; #, Faisceaux de plumes humèérales.
donner un manteau qui les rende invisibles pendant leurs … pérégrinations. Û
Quelques oiseaux modifient leur costume et savent l’ap-
proprier, en quelque sorte, à la saison qui règne ; les Lago-
Fig. 73 bas. — Aïles et queue.
B, Type d'aile sub. obtuse (Geai); Les chiffres 1’, 2’, 3 sont affectés aux mêmes parties que dans la figure précédente; a 4, Grandes couvertures supérieures de l'aile; b, Couvertures moyennes; e, Petites couvertures supérieures de l'aile; G, Queue de Traquet (Stapazin); b, Paire médiane ou interne; ee, Paire latérale ou externe; ff, Paires intermédiaires ; g, Sus-caudales ou couvertures supérieures.
pèdes, par exemple, roux en été, deviennent blancs pendant les neiges. La même observation s'applique à quelques quadrupèdes tels que l’Hermine,
Bien que ce soient les nuances ternes qui prédominent dans le plumage des oiseaux de nos contrées, quelques espèces cependant ont des teintes tranchées et voyantes. Le Martin-Pécheur porte, en effet, un riche coloris vert … brillant, le Loriot une belle couleur jaune, la Mésange du bleu tendre ; et quoique l’on puisse dire que la coloration EL de l’oiseau est immuable, en ce sensque sa plume ne blanchit pas comme la barbe de l’homme, on ne saurait nier que cette coloration du plumage ne soit vivement influencée, . à par les agents extérieurs, suivant les conditions de la vie et le sexe de l’animal. Le plumage d’été est souvent plus beau que celui d'hiver, et, en tout cas, la livrée du mâle est plus riche que celle de la femelle.
Modifications de la coloration du plumage dues à des influences diverses. — Il est ici curieux de noter que les femelles de certains oiseaux prennent, en avançant en âge, la coloration du mâle. Elles en prennent aussi fréquemment la voix. Ce dernier fait est, du moins à l’égard des poules, très bien connu dans les campagnes, où même le changement de voix est regardé comme un signe malheureux; opinion qui, sans doute, a son origine dans l'observation qu’on aura faite que les poules qui prennent la voix du coq déviennent aussitôt stériles.
En ce qui concerne la mutation complète du plumage chez les femelles, elle se constate surtout sur les poules faisanes, que l’on désigne en terme de chasse, sous le nom de faisans coquards. Cette modification dans la coloration … des plumes commence plus tôt chez des femelles que chez d’autres; elle peut ne se manifester que plusieurs années après la cessation des pontes, quoiqu'elle doive dépendre d’une manière plus ou moins directe de ce phénomène, avec lequel elle peut aussi coïncider. C’est ordinairement dans la quatrième année que le changement se complète; alors la faisane a non seulement les couleurs, mais aussi
l'éclat du mâle, auquel elle ressemble par les divers ornements de son plumage.
Quoique plus rarement, des modifications, analogues à celles dont nous venons de parler pour les faisanes, ont été remarquées chez les Paonnes, lorsqu'elles ont cessé d'être fécondes, ou lorsqu'une maladie a atrophié prématurément leur ovaire. Dans ces divers cas, les Paonnes prennent la livrée des mâles.
En dehors des faits que nous venons de rapporter, d’autres prouvent que l’immutabilité de la couleur n’est pas d’ailleurs absolument constante; ainsi, lorsque l'on a tué un Héron blongios mâle, on peut voir la belle couleur bleu vif de son corps disparaître rapidement et se teinter en bleu très foncé. Il en est de même de la dépouille de beaucoup d’autres oiseaux dont les nuances s’effacent à la lumière, particu-
Jarité qui, tant qu’elle a été ignorée, a été une source de
mécomptes pour bien des collectionneurs.
Albinisme. — Mélanisme. — Isabellisme. — Sous l'influence de certains états maladifs, la coloration des o1iseaux subit aussi des variations singulières, transmissibles par voie de croisements, dont les principales sont l’albinisme, le mélanisme et l’isabellisme. Dans l’albinisme, la matière colorante ne s’est pas déposée dans la plume ; dans le mélanisme, elle s’y est, au contraire, déposée en excès ; dans l’isabellisme, la matière colorante, partiellement insuffisante, produit cette teinte jaunâtre, souvent café-au-lait, que l’on rencontre assez fréquemment chez les serins. Tous ces états morbides peuvent se transmettre comme nous l'avons dit par voie de croisements ; c’est d'accouplements entre albinos, notamment, que proviennent nos races blanches de poules, de même que les races noires de nos volailles sont des produits de mélanisme. Mais, ce qui est curieux, c’est que cette coloration maladive qui peut se transmettre et se perpétuer facilement en domesticité, ne
Lacroix-DanLiARD, La Plume. 16
persiste pas longtemps à l’état libre, En liberté, en effet, les croisements deviennent, peu à peu, moins fréquents, et bientôt se fait un retour vers la coloration naturelle. Les pigeons domestiques qui quittent le colombier, pour un édifice public où ils vivent librement, ou pour les forêts où ils reprennent la vie sauvage, ont bientôt perdu les couleurs
d'emprunt que la domesticité leur avait données, pour
recouvrer progressivement les teintes ardoisées qui leur sont propres.
Quant à toutes ces belles nuances métalliques qui diaprent les plumes des oiseaux et les ailes des papillons, ce serait une erreur de croire, dit M. Pouchet, qu’elles sont dues à des pigments: elles ont pour cause unique des feux de lumière, fugitifs comme les feux du diamant.
« Quand on examine avec le microscope une plume à reflet métallique de la gorge du colibri, on est tout d’abord étonné de ne rien voir des magnifiques nuances dont on voulait pénétrer le mystère. Elle est tout simplement faite d'une substance brune, opaque presque autant qu’une
plume d’oie noire. On remarque, toutefois, un agencement.
spécial: la barbe, au lieu d’une tige effilée, offre une série de petits carrés de substance cornée bout à bout. Ces plaques, larges de quelques centièmes de millimètres, sont extrême ment minces, brunes et toutes d'apparence semblable, quel que soit le reflet qu’elles donnent. Les grandes plumes brillantes du paon sont faites de même: les plaques sont seulement plus espacées et l'éclat est moindre. Cet état, de surface est dû à des élévations et à des dépressions insaisissables pour nos meilleurs instruments et encore inconnues. »