‹ La plume des oiseauxChapitre 81 sur 110 · LP À A AN RS · texte numérisé non relu

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F1G. 89. — Eventails chinois.

D'après l'Étude pratique du commerce d'exploitation &e la Chine, par MM. Isidore Hedde, Ed. Renard, Haussmann et Natalis Rondot, il se fabrique une immense quantté d'écrans et d’éventails de plumes dans l'empire chinois. Canton occupe un très grand nombre d'ouvriers à cette fabrication. En Chine, on a varié à l'infini, la forme des écrans, mais, la plupart sont ronds ou en trapèze arrondi. Les plus ordinaires sont faits avec une seule feuille de palmier, quelquefois peinte ; les autres sont en taffetas de soie, en plumes ou en bambou, brodés, peints ou couverts d’applications, représentant presque toujours des paysages, des femmes chinoises des anciens temps, des oiseaux ou des papillons au milieu des fleurs. Avec les plumes blanches et grises de l’Oie et du Cygne, les queues des Paons, des

Faisans et surtout des Argus, avec les jolies plumes des

différentes espèces de Martins-Pécheurs, on fait des écrans

très élégants dont le manche est en ivoire sculpté! Quant

aux éventails proprement dits, il y en a au moins trente genres différents.

Parmi les peuples de l’ancienne Egypte, l'éventail en plumes d’Autruche jouissait aussi d’une haute considération ; il était l’insigne ostensible des princes. |

Dans nos possessions des côtes d'Afrique, l'éventail joue

également un rôle important. On se rappelle que la con-.

quête de l'Algérie fut la conséquence d’un coup d'éventail en plumes de Paon, dont M. Deval, consul de France, fut frappé par le dey d'Alger, le 30 avril 1827. |

F1&. 90, — Eventail des anciens Mexicains 1.

L’éventail ou chasse-mouches était très commun au Mexique avant la conquête (fig. 90). Les Aztèques, de même que les Orientaux, le considéraient comme un symbole d’autorité. Les plus élégants provenaient de la côte de Cozcatlan ; ils étaient faits de plumes précieuses et entourés d'oiseaux rares.

1 Figure empruntée au livre de S. Blondel.

del “OP 46 ! :

Les premiers chrétiens employaient les éventails tant dans l'usage ordinaire de la vie que pendant les exercices religieux. « Pendant la célébration des saints mystères, lit-on dans les constitutions apostoliques, depuis l’oblation jusqu’à la communion, deux diacres, placés aux deux extrémités de l'autel, agiteront incessamment deux éventails, ordinairement en plumes de Paon, soit pour tempérer la chaleur dont le célébrant pourrait être incommodé, soit pour chasser les mouches et les autres insectes qui auraient pu se poser sur les pains ou tomber dans le calice.» Cet usage a disparu de l’Église romaine dès le xiv° siècle. Mais dès le xrr°, la mode des éventails renaissait parmi les laïques : & Déjà ceux de plumes réunies en touffes ou étalées en demi-cercle étaient très recherchés en Italie. Ils avaient des manches d'ivoire ou même d'or enrichis de pierreries. Les plumes d’autruche, de Paon, de Perroquets, de Corbeaux des Indes et d’autres oiseaux les ornaient à profusion. »

En France au x siècle, l'éventail prit le nom d’esmou choir. Vers le milieu du xve siècle, les Espagnols portaient de grands écrans ronds garnis de plumes. Pendant le cours des xv® et xvre siècles, le luxe des éventails se répandit d’une manière extraordinaire en Italie, et trois genres se partagèrent la vogue durant cette période, les éventails à plumes, les éventails plissés, et les éventails girouettes.

Les femmes portaient quelquefois l'éventail suspendu à une chaîne d’or; cette mode existe encore aujourd'hui. En 1830, en France, la nacre, l’écaille, l’ivoire, les pierres précieuses, les plumes du Colibri, le duvet de l’Autruche furent mises à contribution pour confectionner les éventails ; ceux en plumes noires, peintes et dorées, furent en vogue jusqu’à la fin du règne de Charles X. On est revenu à l’emploi de la plume d’autruche pour la fabrication des éventails modernes; ces plumes sont teintes de nuances diverses et ordinairement frisées.

Lacroix-DANLIARD, La Plume; 19

En Cochinchine, c’est la plume du Pélican qu’on utilise pour la confection des éventails. Les Indiens en fabriquent avec les fortes plumes des ailes et de la queue des Hoccos. Ils ramassent les plumes qu'ils trouvent dans la forêt, et jusqu’au moment de les employer ils les gardent dans le pétiole creux d’une feuille de palmier.

Ecrans. — On se sert aussi, comme nous l’avons dit incidemment, de la plume des oiseaux pour faire des écrans à main (fig. 91). Plus souvent encore on emploie à cet usage

FiG. 91. — Ecran à main 1,

l'oiseau presque entier que l’on dispose les ailes étendues, la tête tenant le milieu, et les pattes étant figurées par un manche de bois, d'ivoire ou de métal, destiné à être tenu à la

1 Figure empruntée au livre de S. Blondel,

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