MOYENS DE LES DÉTRUIRE
LES PARASITES QUI S'ATTAQUENT AUX PLUMES SONT DES COLÉOPTÈRES, DES TEIGNES OU DES ACARES.
Coléoptères. —— La plupart des Coléoptères qui attaquent les plumes mortes appartiennent à la famille des Dermestides. La multiplication de ces insectes peut causer de graves dommages dans les magasins.
Les Dermestes sont des animaux cosmopolites, vivant dans l’ombre, peu délicats sous le rapport de la nourriture. Passant facilement inaperçus, en tant qu’individus isolés, ils sont transportés au loin par les navires, au milieu des matières d’origine animale qu'ils affectionnent, et se reproduisent partout où le hasard les a fait échouer.
Bien que les matières animales desséchées forment leur principale nourriture, on en trouve quelquefois sous les cha-
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rognes ; dans les champs et les jardins, on en voit sur les” fleurs; ils vivent aussi à l’intérieur des maisons et dans le bois pourri, Tout semble donc bon à l'insecte parfait qui n’est point très redoutable. La larve, au contraire, est le pire ennemi. La peau des animaux empaiilés, les collections d’insectes, les fourrures, les plumes, sont ses aliments de prédilection. Dissimulée dans les peaux d'animaux ou dans les plumes en ballots qu’on transporte au loin, elle peut faire de longs voyages, et comme tous les climats lui conviennent, il n’est pas étonnant que l'insecte se soit reproduit dans tous les pays par voie d'importation.
D'une manière générale, on peut dire que les larves de Dermestides ont des antennes à quatre articles, des pattes courtes garnies d'une seule griife. Leurs téguments sont couverts de poils. Ces poils forment souvent des touifes réparties sur tout le corps, mais plus serrées vers l’extrémité postérieure.
Lorsque la larve, ayant atteint tout son développement, se prépare à s’engourdir pour traverser la période nymphale, Ja peau se fend sur le dos et la nymphe reste enveloppée dans Ja dépouille.
La gloutonnerie de la larve n’a d'égale que la timidité de l'insecte parfait. Marchant, d'habitude, d’un pas lent et incertain, le Dermeste percoit-il quelque bruit inquiétant, une vibration inattendue vient-elle l’impressionner; vite il renfonce sa tête sous son corselet, ramasse sous son corps ses pattes et ses antennes, et, dans cette position, immobile comme s’il était mort, il attend quelquefois, pendant longtemps, que le calme se soit rétabli ou que l'oubli lui rende la quiétude.
Parmi ces rongeurs insatiables, plusieurs qui habitent nos contrées sont à signaler, il importe de les connaître pour se garder de leurs larcins.
Caractérisons d’abord les insectes du genre Dermestes; ils
ont des antennes de onze articles dont les trois derniers forment massue ovale; leur corselet est bombé en avant, leurs élytres ne varient pas de largeur dans toute leur étendue, ce qui donne à l’insecte une forme cylindrique. Le dessous du corps est couvert d’un pelage très serré formant comme une nappe feutrée qui envelopperait l'abdomen.
Le Dermeste du lard (Dermestes lardarius)se distingue de tous les autres par la large bande d’un gris roussâtre qui traverse ses élytres, dont le fond est brun-foncé. Cette bande porte, sur chaque élytre, trois points de la couleur du fond. Sa taille est de 7 millimètres. C’est au printemps qu'ont lieu l’accouplement et la ponte. La larve qui naît au mois de mai change quatre fois de peau jusqu’au mois de septembre, époque de la nymphose, aussi n’est-il pas étonnant de trouver de nombreuses dépouilles de ces larves dans les endroits où elles ont élu domicile. La larve est allongée, elle est munie de six pattes. Brune sur le dos, blanche sous le ventre, sa peau est recouverte de poils qui forment des houppes vers l'extrémité postérieure. A l'approche de l’automne, la larve fait éclater la peau, la nymphe se forme, reste enfermée dans la dépouille qui la protège, ne trahissant sa vitalité que par les soubresauts qui agitent son corps lorsqu'on l’inquiète. Les derniers segments sont rayés de brun, tandis que la par- tie antérieure est blanche. L’insecte parfait est bientôt développé, mais, il reste engourdi pendant l'hiver et ne sort qu’au printemps suivant. C’est alors qu’on le rencontre dans les garde-manger, un peu partout dans les maisons et surtout dans les magasins où il propage son espèce.
Le Dermeste renard(D. vulpinus) est un coléoptère de 7 millimètres, d’un beau noir lisse en dessus, excepté sur les bords du corselet, qui sont cendrés, avec le dessous du corps d’un blanc mat et une petite épine à la suture des élytres. Les ravages de ce Dermeste sont si considérables que la Compagnie de la baie d'Hudson, qui possède à Londres d’impor-
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tants magasins, a offert 20.000 livres sterling, à qui trouve- :
rait le moyen de le détruire.
Nous représentons le Dermeste ondulé (D. undulatus), (fig. 92), long de 6 millimètres. Son corps est noir parsemé d’une fine pubescence qui dessine des marbrures rousses
sur le corselet, grises sur les élytres.
A côté des Dermestes les entomologistes rangent les Atta-
gènes, parmi les destructeurs les plus redoutables; lun
d'eux, l’Attagène des pelleteries (Attagenus pellio) est
extrêmement commun dans les appartements. /
… Fi. 92, — Le Dermeste Fic. 93. — L'Attagène des pélleteries. ondulé. Nymphe, larve, insecte adulte,
Des détails anatomiques distinguent les Attagènes des Dermestes, mais, la conformation générale, la silhouette est à peu près la même.
L'Attagène des pelleteries (figure 93) est long de 5 milli-
mètres. Son corps est noir ou brun-foncé. De chaque côté
du corselet, près de l’angle postérieur, se trouve un point
blane, souvent peu visible, formé par une touffe de poils blanes. Sur les élytres, deux points semblables, l’un vers le …
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milieu presque toujours plus accentué que celui qui est rapproché du bord externe.
La larve est allongée, couverte de poils d’un jaune roux dirigés en arrière et formant à l’extrémité caudale un long pinceau soyeux. Vers la fin d’août, elle se transforme en une nymphe poilue dont notre dessin montre la conformation.
Si la larve se complaît au milieu des fourrures, des
“plumes et du duvet, l'adulte aime le grand air. Au premier
printemps il sort de la cachette qui a abrité la nymphe. Couvert encore de poussière, il se promène sur les parquets, le long des boiseries, puis, dès qu’il a trouvé une ouverture, il s’élance au dehors. Souvent attiré par la lumière, il se heurte contre les vitres et retombe sur le sol. Dès qu’il a pu gagner les jardins ou les champs, on le trouve, tout couvert de pollen, au milieu des fleurs; les ombellifères, l’épine blanche, la reine des prés sont les plantes et arbustes qu’il affectionne.
Quoique de taille plus petite, les Anthrènes ne le cèdent en rien aux insectes précédents, en tant qu’animaux destructeurs.
L'Anthréne des musées (Anthrenus museorum) est un petit coléoptère dont la livrée est fort élégante. Gros comme un grain de chenevis, il en a à peu près la forme lorsque, les pattes et les antennes ramassées sous le corps, il fait le mort. Les écailles grises et jaunâtres qui recouvrent son corps forment des bandes sinueuses et irrégulières du plus charmant effet.
On le trouvetrès fréquemmentsur les fleurs en compagnie d’'Attagenus pellio. La larve vit dans les maisons, dans les magasins, contenant des peaux et des plumes, dans les musées où les animaux empaillés sont l’objet de ses déprédations. Pour les entomologistes, c’est un ennemi redouté, et il leur faut les soins les plus minutieux pour en préserver leurs collections. Cette larve est molle, d’un blanc sale en
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dessous, brunâtre en dessus et couverte de poils bruns ormant à l'extrémité anale deux courts faisceaux tronqués.
Teignes. — Sous le nom de Tinéides on a réuni une série de jolis petits papillons qui pour la plupart habitent les maisons et les greniers où leur prodigieuse multipli-