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cation constitue un véritable fléau. Ce sont ces méicrolépi-
doptères qu’ondésigne habituellement sous le nom de mites. Parmi ces insectes ravageurs, celui qui nous intéresse le
plus est la feigne bedeaude à tête blanche de Geoffroy, la tapissière, la teigne des tapisseries, Tinea tapezella
de Linné et des entomologistes. IL nous intéresse parce que
ne se bornant pas, comme ses congénères à attaquer les fourrures ou les étoffes, il fait payer aux plumes un tribut onéreux, Maurice Girard décrit, comme il suit l’aspect et les mœurs de ce papillon.
« Envergure, 20 à 22 millimètres ; tête entièrement
blanche, avec les antennes brunes ; thorax d’un brun noir;
ailes supérieures d’un brun noirâtre en-dessus, plus ou
moins foncé depuis la base jusqu’au milieu, cette partie
brune coupée obliquement à son extrémité, puis d’un blane terne ou jaunâtre dans le reste de leur longueur, cette por-
tion blanche plus ou moins parsemée d’atomes gris, qui
s'agglomèrent vers le sommet de l'aile, où ils forment souvent une tache surchargée de quelques petits points noirs. La frange est grise dans sa partie supérieure et blanchâtre dans sa partie inférieure. Les mêmes ailes sont d'un gris jaunâtre luisant en dessous avec leur base noirâtre. Les deux surfaces des ailes inférieures sont d’un gris cendré, y compris la frange. La femelle diffère du mâle, non seulement par une taille plus grande, mais parce que ses ailes supérieures sont plus surchargées d’atomes gris, en même temps que leur partie basilaire est d’un brun moins foncé. La chenille de cette espèce a absolument l’aspect d’un ver. Elle est d’un blanc gras et luisant, avec quelques poils clair -
semés de la même couleur, une ligne dorsale grise, la tête en cœur d’un jaune brunâtre et l’écusson du prothorax jaunâtre. Sa peau est tellement transparente qu’on aperçoit, àtravers, la couleur des aliments dont elle se nourrit. Elle ne vit pas comme d’autres T'inea, dans un fourreau portatif, mais dans un tuyau fixe ; aussi Réaumur l'a-t-il classée parmi les fausses-Teignes. En sortant de l’œuf, elle ronge le drap sur lequel elle se trouve, file ensuite au-dessus de son corps une espèce de berceau de soie, qu’elle recouvre d’une partie des flocons de laine qu’elle a arrachés, et mange l’autre. Elle creuse la place qu’elle occupe dans l'épaisseur du drap, et cette place, quoique assez grande, est très difficile à apercevoir, parce qu’elle est recouverte de débris, de manière à sembler un endroit défectueux de l’étofte. Il faut savoir que celle-ci recèle des chenilles et la brosser rudement pour détruire leur logement et les en extirper. Cette chenille se trouve chez les drapiers, sur les laines en magasin ; elle n’attaque pas seulement les étoftes de laine, mais vit aussi aux dépens des fourrures, des plumes et des collections de papillons. ! »
La teigne des tapisseries est répandue dans toute l’Eu-. rope. Sa chenille, après avoir passé l'hiver dans sa demeure y subit sa transformation en chrysalide au printemps suivant ; le papillon vole en mai et en juin.
Acares. — Plusieurs acariens attaquent la plume, les uns par caprice, les autres par besoin et par habitude. Parmi ces arachnides encore peu connues, en raison de leur petite taille, nous citerons, outre les Cheylètes et les Tyroglyphes, le Glyciphage coureur (glyciphagus cursor), dont nous donnons une image grossie (fig. 94).
Non seulement les plumes de literie sont exposées aux
1 Maurice Girard, Traité élémentaire d'entomologie,t. II, p. 746. J.-B. Baillière et fils, éditeurs.
at PRÉ TE de Doc Dit aa es (Eu A Very 2er D RE RS le DV ; Ver 4 EL PES Ray | TE “ n TR L@r Eure Le
} J F1G. 94. — Glyciphage coureur.
Procédés de destruction. — Pour détruire ces différents parasites de la plume, il faut la battre, l’exposer 4 à l'air et à la lumière ; on peut aussi la renfermer dans des boîtes bien closes, où l’on répandra du camphre, du pétrole, de la térébenthine, de la benzine ou du sulfure de carbone. …
Procédés de conservation et de purification.
— La feu de literie, la plume d’oie et de canard, 1êf LE
ou SAT il faut l’aérer et la secouer de temps en temps. « Quand, au lieu de la vendre, on veut en tirer soi-même S
parti, àa ce que rapporte M. Victor Rendu, dans son très intéressant petit traité de La Basse-cour, il convient de la faire préalablement sécher. Pour cela, on la met dans un sac, sans la presser, et on l’expose, pendant quelque temps, à la chaleur d’un four dont on vient de retirer le pain; par ce procédé, la plume perd une partie de son odeur nauséabonde, et se trouve purgée des mites qui l’infestaient ;
on la débarrasse, du reste, efficacemnt de ses parasites,
en faisant brûler, avec précaution, de la fleur de soufre dans un coin du local où elle a été emmagasinée, »
Chacun sait qu'après un long usage ou lorsque les maisons sont humides, la plume des oreillers et des traversins prend une odeur désagréable et malsaine. Il est donc bon dela faire purifier de temps à autre, plus particulièrement après que les oreillers, lits de plumes et couvre-pieds ont séjourné dans le lit d’un malade. Quelquefois, on se contente de laver ces plumes, comme s’il s'agissait de laine ou de coton. Ce procédé simple peut être employé à domicile. Ordinairement, on confie ce soin à des gens du métier qui, mieux outillés, peuvent procéder plus rapidement et avec plus d'efficacité. Les plumes sont alors déversées dans un grand cylindre métallique à double fond chauffé; elles sont battues avec des baguettes et fortement agitées avant d'être employées de nouveau. Gette opération ne laisse pas que d'altérer sensiblement les plumes.
Un autre procédé, connu sous le nom de procédé de purification Tafjin, consiste à tenir les plumes en mouvement continu de rotation pendant un certain temps, au moyen d'un volant, armé de bras. Ce volant placé dans un cylindre à double paroi, recoit de la vapeur. Il est mis en mouvement par une manivelle. Au sortir du cylindre, les plumes sont exposées à l’action de la vapeur d’eau, puis séchées par simple exposition à l’air.
Plusieurs villes possèdent des stations de désinfection
dans lesquelles on pratique l’épuration des objets contaminés, appartenant aux particuliers. Certains asiles de nuit de Paris!, ainsi que les monts-de-piété, sont pourvus
d’appareils ou de locaux spéciaux, affectés à la même desti-
nation « Une station comprend deux parties nettement séparées, dit M. Ser l’une recevant les objets à purifier, l’autre les objets épurés. Ces deux parties ne comuniquent entre elles que par l’intérieur des étuves. La transmission des ordres pour le service, s'effectue par des sonneries... » «A Paris, deux d’entre eux (il s’agit des monts-de-piété) sont pouvus d’étuves de désinfection dans lesquelles on fait passer tous les matelas, lits de plumes, oreillers, etc., ete. avant de les ranger dans les magasins. L'opération s’effectue dans des étuves à vapeur sous pression, la durée du traitement pour les objets les plus volumineux ne dépasse pas une demi-heure, y compris le temps nécessaire au séchage. L’un des résultats de l'emploi des étuves dans les dépôts du Mont-de-Piété a été de faire disparaître la vermine qui infestait les magasins de cette Administration ».
1 Du Mesnil, La désinfection par la vapeur sous pression et les étuves locomobiles (Ann. d'hygiène publique et de médecine légale, 1888, t. XIX, p. 481). — Les étuves de désinfection dans les refuges de nuit (Ann. d'hygiène publiquz, 1890, t. XXIV, p. 214).