‹ La plume des oiseauxChapitre 9 sur 110 · HUIT · texte numérisé non relu

HUIT

F1G. 5, — L’Ara Macao.

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céler leur présence. Ils y réussissent si bien que, sur cinjour que l’on sait pertinemment être perchés sur un arbre, on n’en peut découvrir aucun. | Régime. — Les Perroquets se nourrissent Shi de fruits et de graines. Quelques-uns, dit-on, vivent du nectar et du pollen des fleurs, et aussi des insectes que renferme le

calice. D’autres, les Aras (fig. 5) etles Perruches, par exem-

ple, ont une prédilection marquée pour les bourgeons des arbres et les boutons des fleurs, et certains Cacatoës se

montrent friands des vers et des larves des insectes. On.

peut dire cependant que les végétaux forment la base de leur alimentation.

Dans leurs excursions de maraude, ils observent, le plus souvent, un profond silence, et on ne peut se douter qu’ils pillent un champ de maïs que par le bruit produit par la chute des enveloppes des graines sur les feuilles desséchées, Lorsqu'ils savent qu’ils n’ont rien à craindre, ils se montrent d’une audace singulière, s’aventurant jusque dans les villes et s’y perchant sur les toits. Rien n’égale leur instinct de destruction ; ils détériorent plus de choses qu’ils n’en mangent, et quand ils ont passé dans un verger, tous les fruits en sont gâtés. Dans l'Amérique du Nord et au Chili, ils

pillent les arbres avant que les fruits en soient mûrs, pour

en savourer le lait qui baigne la graine. À ce que rapporte Audubon, ils sont si friands du blé mis en meules dans les champs qu’ils n’en ont bientôt laissé que la paille. Bien repus, ils s’en vont au bain.

Les Perroquets se reproduisent dans la saison qui précède la maturation des fruits; leurs œufs sont arrondis, blanes et

à coquille lisse; les grandes espèces n’en font que deux; il y a pourtant de nombreuses exceptions à cette règle. Ta plupart du temps, le nid est établi dans un creux d'arbre ou de rocher. Les Perroquets terrestres pondent sur la terre nue.

Captivité. — On prépare aux Perruches, élevées en cap-

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tivité, pour les y faire nicher, des troncs d'arbres rongés par la vermoulure ou artificiellement creusés. Certaines espèces y pondent et s’y reproduisent volontiers. La garniture interne des nids naturels ou artificiels est des plus simples; elle. consiste en quelques menus copeaux ou en détritus d’écorce que ces oiseaux détachent avec leur bec.

Le mâle, sauf exception, ne partage pas les soins de l’incubation ; tant que dure cette période, il nourrit la femelle à domicile et cherche à la charmer par un bavardage continuel. L’éclosion n’a lieu qu'après un temps qui varie entre seize et vingt-cinq jours suivant les espèces. Les petits se développent rapidement; mais, ce n’est guère qu'à l’âge de deux ans qu’ils prennent leur plumage définitif et deviennent nubiles. Les petites espèces sont beaucoup plus précoces.

Chasse. — On fait la guerre aux Perroquets pour nombre de raisons. D'abord, la chair de cet oiseau fait, paraît-il, un excellent bouillon. D'autre part, leurs plumes sont appréciées, Enfin, leurs déprédations sont si graves et si souvent répétées qu'ils finissent, partout où ils habitent, par lasser la patience des cultivateurs. Aussi, ne leur ménage-t-on ni les flèches, ni le plomb, ni les pièges de toutes sortes. «Qu'on n’aille pas se figurer, dit Audubon, que le planteur supporte patiemment tous les méfaits dont les Perroquets se rendent coupables à son égard! Il tâche de les surprendre dans leurs excursions, et leur fait payer de la vie leurs rapines. Le fusil à la main, il se glisse jusque près d’eux, et huit ou dix tombent du premier coup de feu. Les autres se lèvent, crient, volent en cercle pendant cinq ou six minutes, reviennent près des cadavres de leurs compagnons, les entourent en poussant des cris plaintifs, et tombent eux-mêmes, victimes de leur amitié, jusqu'à ce qu’enfin le planteur ne les trouve plus assez nombreux pour avoir à défendre contre eux ses récoltes et ses moissons. J’ai en quelques heures abattu ainsi plusieurs centaines de Perroquets, et j’ai emporté des cor-

beilles pleines de leurs cadavres. Ceux qui ne sont que blessés se défendent vigoureusement et, de leur bec tranchant, font souvent de profondes blessures. »

Au Chili, c’est à coups de bâton qu’on les tue. Au moment où ils sont le plus occupés à piller quelque plantation, on se précipite, à l'improviste, au milieu d’eux la trique à la main. En Australie, on cherche la place où ils setiennent au repos; cette place une fois découverte, on les effraye par des cris, et, au moment où ils prennent leur volée, on les crible de flèches et de javelots. Partout où les Perroquets nichent dans les creux des rochers, des chasseurs, au risque de se briser dans des chutes mortelles, grimpent à l’aide de crochets, le

* long du roc, se retenant aux anfractuosités, se saisissent des

perruchons et brisent les œufs dans les nids. Chasse du Cacatoës. — Quant aux Cacatoës (fig. 6),

propres aux terres australes, les indigènes ont une manière

particulière de les chasser. CII n’y a rien de plus intéressant dit le capitaine Grey, qu’une chasse au Cacatoès. Les Australiens employent leur arme, le boumerang, consistant en un morceau de bois dur, en forme de faucille, qu’ils lancent à plus de cent pieds. Cette arme fend l’air, en décrivant des cercles, et quoiqu’elle s’écarte de la ligne droite, elle atteint presque sûrement son but : c’est de cette même arme, faite alors en bois et en fer, que se servent les naturels du centre

de l'Afrique.

« Un indigène se met à la poursuite d’une bande de Cacatoès, dans la plaine ou dans la forêt, et, de préférence, dans les endroits où de grands arbres entourent un cours d’eau ou un étang. C'est là surtout que l’on rencontre ces oiseaux, en troupes innombrables, grimpant de branche en branche, ou

volant d'un arbre à un autre. C’est là aussi qu’ils passent la

nuit. Le chasseur s'avance prudemment; il se glisse entre les arbres, rampe de buisson en buisson, cherche à ne pas troubler ces oiseaux vigilants. Mais, il a été entendu; une agi-

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F1G. 6, — Le Gacatoës.

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