Mécanique céleste, t. Il, p. 3t
DELORMEL
jamais au delà de 21° environ, ce qui rend cette variation à peu près indifférente pour la constitution de notre planète, etM. deIIuml)oldt,dansson Cosmos , a complètement adopté cette opinion. Si l’hypothèse de Delormel était vraie, on devrait l’étendre par analogie aux autres planètes du système. Ainsi, Jupiter aurait maintenant son âge d’or, Uranus serait dans sa période malheureuse, la Terre inclinerait au contraire vers des temps fortunés. Il n’y a donc pas à s’émouvoir de cette opinion, qui ne contrarierait en rien le dogme des vies successives. Il pourrait se faire que, dans les mondes inférieurs de notre système planétaire, des alternatives d’heur et de malheur eussent lieu pour le même globe, ce qui modifierait chaque fois le décret de Dieu dans la distribution des âmes. Seulement, cette supposition ne s’accorderait pas avec le progrès indéfini de l’humanité ; il faudrait dire, avec Fourier, que l’humanité aura, à la fin de son cycle, une époque de décrépitude. J’aime mieux me rattacher à l’autre parti, qui me semble plus conforme au plan de la Providence.
Si Delormel a eu la croyance à la pluralité des mondes, et des idées astronomiques avancées, s’il a eu de plus la foi dans la pluralité des existences, c’est qu’il avait été initié et les tenait des sociétés auxquelles il avait été agrégé. Retenons de l’analyse de ses écrits ce fait capital, qu’il croyait au progrès de chaque planète, qu’il enseignait que tel globe, d’abord malheureux , et destiné aux punitions comme aux , épreuves, se changeait avec le temps en un séjour fortuné servant de station et de repos aux êtres qui les avaient mérités. Il y a là une grande idée, obscurcie sans doute par la fausse opinion d’une décadence succédant au progrèS; mais en élaguant ce dernier aperçu, le premier reste avec toute sa vérité et tout son éclat.
CHARLES BONNET