‹ La pluralité des existences de l'âmeChapitre 116 sur 193 · LEIBNITZ · texte numérisé non relu

LEIBNITZ

à l’égard des animaux, il ne parait pas raisonnable que l’homme en soit exclu entièrement, et que tout se fasse en lui par miracle par rapport à son âme. Aussi, ai-je fait remarquer plus d’une fois qu’il est de la sagesse de Dieu que tout soit harmonique dans ses ouvrages, et que la nature soit parallèle à la grâce. Ainsi je croirais que les âmes, qui seront un jour âmes humaines, comme celles des autres espèces, ont été dans les semences, et dans les ancêtres jusqu'à Adam, et ont existé par conséquent depuis le commencement des choses, toujours dans -une manière de corps organisé, en quoi il semble que M. Swammerdam, le R. P. Malebranche, M. Bayle, M. Pitcarne, M. Hartfocker et quantité d’autres personnes très-habiles, soient de mon sentiment; et cette doctrine est assez confirmée par les observations microscopiques

de M. Leuxvenhoek et d'autres bons observateurs. Mais il me parait encore convenable, pour plusieurs raisons, quelles n’existaient alors qu’en âmes sensitives ou animales, douées de perception et de sentiment, et destituées de raison, et qu’elles sont demeurées dans cet état jusqu’au temps de la génération de l'homme, à qui elles devaient appartenir, mais qu’alors elles ont reçu la raison ; soit qu'il y ait un moyen naturel d’élever une âme sensitive au degré d’âme raisonnable (ce que j’ai de la peine à concevoir), soit que Dieu ait donné la raison à cette âme par une opération particulière, ou (si vous voulez), par une espèce de transcréation. Ce qui est d’autant plus aisé à admettre, que la révélation enseigne beaucoup d’autres opérations immédiates de Dieu sur nos âmes. »

« Or, comme j’aime des maximes qui se soutiennent, et où il y ait le moins d’exception qu’il est possible (c’est toujours Leibnitz qui parle '), voici ce qui m’a paru le plus raisonnable en tout sens sur cette importante question : je tiens que les âmes, et généralement les substances simples, ne sauraient commencer que par la création, ni finir que par l’annihilation; et comme la formation des corps organiques animés ne parait explicable dans l’ordre

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