LES LIVRES ZENDS
« Je suis opulent, je suis un grand seigneur. Qui donc est semblable à moi?Je ferai des sacrifices, des largesses; je me donnerai du plaisir. » Voilà comme ils parlent, égarés par l’igDorauce.
i Agités de nombreuses pensées, enveloppés dans les filets de l’erreur, occupés à satisfaire leurs désirs, ils tombent dans un enfer impur.
« Pleins d’eux-mêmes, obstinés, remplis de l'orgueil et de la folie des richesses, ils offrent des sacrifices hypocrites, oii la règle n’est pas suivie et qui n’ont du sacrifice que le nom.
« Egoïstes, violents, vaniteux, licencieux, colères, détracteurs d’autrui, ils me détestent dans les autres et en eux-mèmes. *
«Mais moi, je prends ces hommes haineux et cruels, ces hommes du dernier degré, et à jamais je les jette aux vicissitudes de la mort, pourrenaltre misérables dans des matrices de démons.
* Tombés dans une telle matrice, s'égarant de générations en générations, sans jamais m’atteindre, ils entrent enfin, fils de Runli, dans la voie infernale.
n L'enfer a trois portes par où ils se perdent, la volupté, la colère et l’avarice, il faut donc les éviter.
« L’homme qui a su échapper à ces trois portes des ténèbres, est sur le chemin du salut et marche dans la voie supérieure.
« Mais l’homme qui s’est soustrait aux commandements de la loi pour ne suivre que ses désirs, n’atteint pas la perfection, ni le bonheur, ni la voie d’en haut. »
Ainsi la théologie indienne ouvrait, seulement après une série indéfinie d’épreuves, la vie infernale aux coupables, mais nulle part il n’est dit qu’on ne puisse rétrograder de cette vie, et l’ensemble même des livres sacrés de l’Inde admettait la régénération possible au bout de toutes les transmigrations et de par elles.
Passons aux livres Zends et à Zoroastre.
« Lié dès cette vie avec la céleste société des anges, obéissant au même chef, animé des mêmes désirs, éclairé
ZORÛASTHE.
des mêmes lumières, participant aux mêmes travaux, le Mazdéisnan en s’élevant après sa mort dans le monde supérieur, ne fait que rejoindre les êtres avec lesquels il avait déjà pris l’habitude de vivre sur la terre. Confiant dans les promesses de Zoroastrc, et sachant que la mort est le principe de leur accomplissement, il rend en paix son àme. Rien dans cette crise suprême ne peut le troubler, si sa conscience est pure, et s’il se rappelle cette encourageante réponse d’Ormuzd, que le prêtre en célébrant l’office répète tous les jours : « Par la voie du temps arriveront sur le pont Tchinevad donné d’Ormuzd, les darvands et les justes qui auront vécu dans ce monde, purs de corps et d’ame. Les âmes des justes passeront le pont Tchinevad qui inspire la frayeur, en compagnie des Izeds célestes. Babman se lèvera de son trône d’or, Bahman leur dira : Comment êtes-vous venues ici, ô âmes pures! du monde de maux dans ces demeures où le niai n’existe pas? Soyez les bien venues, ô âmes pures! près d’Ormuzd, près des Amschaspands, près du trône d’or, dans le Gorotman au sein duquel est Ormuzd, au sein duquel sont les Amscbaspands, au sein duquel sont les saints L » C’est presque exactement la même parole que celle de l’Évangile qui soutient dans le passage de la vie à la mort tant de chrétiens : «Quand le fils de l’homme sera venu dans sa majesté, accompagné de tous les anges et assis sur le trône de sa majesté, tous les hommes seront rassemblés devant lui et il les séparera les uns des autres, comme le berger sépare les boucs et les brebis; et le Iloi dira alors à ceux qui sont à sa droite : Venez, les élus de mon père, prenez possession du royaume qui vous a été préparé depuis l’origine du monde 2.