SAINT-MARTIN
peut entrer dans le royaume si pur de la perfection souveraine, ni se réunir à Dieu dans l’éternité, à moins que l’âme, cette substance immortelle, ne se purifie et ne s’élève ainsi à une perfection progressive et supérieure L »
Plus loin, il dit encore :
« Le but n’est jamais ici-bas pour l'homme qu’un but d’espérance. La voie nécessaire à la préparation de l’homme est longue et difficile; il n’y marche qu'à petits pas, sans pouvoir, malgré les plus généreux efforts, la franchir tout d’un trait ou l’éviter s. »
Ecoutons maintenant le théosophe Saint-Martin :
« L’homme est assujetti depuis sa chute à une transmutation continuelle de différents états successifs, avant d’arriver à son terme, tandis que le premier auteur de tout ce qui existe fut et sera toujours ce qu’il est et ce qu’il devait être®. »
Et, dans le plus connu et le plus souvent cité de ses ouvrages, il ajoute :
« Notre être pensant doit s’attendre à des développements immenses quand il sera sorti de la prison corporelle, où il prend une forme initiatrice. J’aperçois une loi superbe. Plus les proportions se rapprochent de leur terme central et générateur, plus elles sont grandes et puissantes. Cette merveille .que tu nous permets de sentir, ô vérité divine, suffit à l’homme qui t’aime et qui te cherche. Il voit en paix dévider ses jours; il le voit avec plaisir et ravissement, parce qu’il sait que chaque tour de la roue
1. Philosophie de l’histoire, leçon IV, traduction de M. l’abbé Léchât, tome 1er, p. 168. — 2. Ibid., leçon V,p. 182.
3. Tableau naturel des rapports (pii existent entre Dieu, l'homme et Tuniverf, tome Ier, p. 136.