B AL LAN CH K
Tiraée de Locres ont cru aussi que nos âmes expient sur la terre des crimes commis dans une autre vie. C’était également la doctrine des Orphiques *; si bien que, lorsque les docteurs du christianisme ont excipé des traditions antérieures pour établir l’universalité du dogme du péché originel, ils ont dû nécessairement se heurter contre l’hypothèse de la préexistence. Les anciens, plus rapprochés des traditions primitives, n’ont jamais dit que la faute du premier homme pesât sur tous ses descendants; la plupart ont enseigné, au contraire, que chacun, en venant au monde, avait mérité, par des péchés antérieurs, les douleurs de l’épreuve terrestre. L’Eglise a condamné, à la vérité, la doctrine de la préexistence telle qu’elle était proclamée pai Origène2. Mais nous en avons vu le motif; c’est parce que Origène supposait que tous les hommes, avant de venir sur la terre, avaient été doués delà nature angélique.
L’hypothèse de la préexistence enseignée par Ballanche a de nombreux avantages.
Sans-clle, l’ordre terrestre n’est pas harmonique avec l’ordre des autres mondes inférieurs et supérieurs. Les biens, les maux, les conditions, la fortjane, tout est dispensé au hasard.
Supposez la préexistence, tout s’explique. La vie actuelle est une conséquence de l’existence antérieure. Chacun, pendant l’épreuve et l’expiation, est traité selon ses mérites.
La préexistence seule rend un compte suffisant de l’inégalité des intelligences et des penchants moraux. Or, cette inégalité, confirmée par l’expérience journalière, ne peut être sérieusement niée, même par les adversaires de la