I. Plalon, Cratyle. — 2. Cinquième concile de Clialeéiloine
1SALLANCHE.
science phrénologique. Quel philosophe admettrait aujourd’hui l’opinion d’Helvétius1?
Ballanche en enseignant la préexistence, est donc loin d’avoir émis une idée déraisonnable. Si, sur la question de l’origine, nous avons eu besoin de réunir des textes çà et là par lambeaux, afin de saisir la véritable pensée de Ballanche, en ce qui regarde la destinée ses solutions sont claires, explicites, incontestables.
L’homme, selon lui, a son rang parmi les hiérarchies sans fiü : les lois qu’il nous est déjà donné de connaître et qui s’appliquent à toute la création, nous disent que notre planète n’est pas isolée 2. Chaque homme, en arrivant dans la vie future , y arrivera avec les perfectionnements auxquels il aura été conduit par les épreuves3. L’homme, au sortir de cette vie et de celte planète, sera pourvu de qualités plus étendueç, se trouvera placé dans un autre milieu et verra changer les proportions de ses nouveaux organes
1. Celle opinion est un paradoxe incontestable. Quel est riioutnic, en effet, chargé d’instruire l’enfance ou la jeunesse, qui ne remarque tout d’abord, entre les esprits qui lui sont confiés, des différences considérables V Fît qu’on ne dise pas que ces différences viennent de la lamille et des circonstances extérieures, car le père qui a plusieurs enfants, qui leur donne à tous la meme éducation, les voit se distinguer les uns des autres par des vocations diverses et des facultés inégales. D'un autre côté nous voyons constamment des espriis très-médiocres rester tels malgré les secours de l’éducation la plus complète et la mieux dirigée ; et, au contraire, desintelligenccs précoces devancer ces secours, comme Pascal qui devine Euclide. C’est que toutes les intelligence? lie sont pas égales. » ( Diction . des sciences philos., au mot Ilelvét. Voyez, sur le problème de l’origine, mon Exposé d’un nouveau système (Destinée de l’homme), et mon traité Dieu, l'homme, tic., livre 111, ch. vin.
2. l’nling. soc., t. 111, p. U55, réllexiuns diverses. — • l . Orplté< , t. IV, p. 425.
BALLANCHE
avec les objets nouveaux qui se manifesteront à lui, qui seront l’occasion de ses pensées L Il y a peut-être, dans le inonde, des esprits qui ont déjà, si l’on peut parler ainsi, un pied dans le monde futur. Cela ferait comprendre l’ascension progressive des êtres intelligents d’une spbère dans une spbôre plus élevée. Les hommes, en passant d’une vie à l’autre, conservent leur individualité2. Cette vie est une épreuve à laquelle succéderont d’autres épreuves, selon les besoins de chacun; car il faut que toute créature parvienne à la perfection qui lui est propre, à laquelle elle a droit par son essence même; et alors, mais seulement alors, elle entre dans la plénitude de son état définitif. La durée des épreuves sucoessives prend plus ou moins de temps; mais le temps nous importe peu quaud il s’agit des plans de Dieu, puisque Dieu a les trésors de l’éternité3.
Ainsi, d’après Ballanche, l’homme arrive dans l’autre vie avec les perfectionnements qu’il a obtenus ici-bas, tel qu’il s’est fait en un mot. Voilà la sanction de la loi morale. Mais faut-il dire qu’après l’épreuve de la terre il n’y a plus place au mérite et à la liberté? Est-il vrai que l’homme , parvenu à un certain degré du mal, ne puisse plus se repentir ni se relever.
Parmi les théologiens4, dit Ballanche , ceux qui ont soutenu l’éternité des peines, et qui ont été moralistes eu même temps, ont dit que les réprouvés méritaient incessamment la réprobation5. Ils ont jugé avec raison que si ce n’était pas ainsi, la perpétuité du supplice serait une
J. Paliiifj. soc., t. III, i>. 123. — 2. Ibid,, p. 124.