‹ La pluralité des existences de l'âmeChapitre 140 sur 193 · FOURIER · texte numérisé non relu

FOURIER

temps, ni espace; il y aura l’entière possession de la vie , de l’être, de la puissance, de l’intelligence et de l’amour, autant qu’elle peut être permise à des créatures qui doivent se rappocher indéfiniment de Dieu sans l’atteindre jamais.

Si telles sont nos magnifiques destinées, si, après des épreuves plus ou moins laborieuses, suivant le mérite ou le démérite, l’âme doit parvenir au bonheur et avoir le souvenir des états par où elle aura passé, il est clair que la question de l’origine du mal n’en est plus une , ainsi que nous l’avons dit ailleurs \ « La loi générale de l’épreuve et <! de l’initiation éclaire d’un jour nouveau les sombres re- « plis du moi humain et les vicissitudes de la vie terrestre. « Le mal apparaît seulement comme une anomalie passa- « gère destinée à produire dans l’ordre universel de la « création , le bien absolu et la félicité éternelle. »

Selon le père de l’école phalanstérienne 1 2, l’âme est immortelle, mais elle ne peut vivre sans un corps, et son immortalité embrasse le passé non moins que l’avenir. Toute la transmigration des âmes est là; et, pour être assuré qu’elle est la vérité, il suffit de remarquer qu’elle est dans les vœux secrets, qu’elle est conforme aux intérêts de l’humanité. « En effet, dit Fourier, où est le vieillard qui ne « voulût être sûr de renaître et de rapporter dans une autre « vie l’expérience qu’il a acquise dans celle-ci? Prétendre « que ce désir doit rester sans réalisation, c’est admettre que « Dieu puisse nous tromper. Il faut donc reconnaîtçe que « nous avons déjà vécu avant d’être ce que nous sommes et « que plusieurs autres vies nous attendent, les unes renfer- « niées dans le monde ou intra-mondaines, les autres dans

1. Dans le rêve d’Anlonio, imprimé avec les aulm poèmes tle l'auteur sou* le litre de Poèmes lyriques et dramatiques (1844).

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