‹ La pluralité des existences de l'âmeChapitre 142 sur 193 · FOU RI ER · texte numérisé non relu

FOU RI ER

« nous la pouvions connaître tout entière, nous n’y résiste- « rions pas : nous aurions hûte de sortir d’un monde ou « nous sommes si malheureux et si mal gouvernés, le genre « humain deviendrait une hécatombe1.

« L’âme entre dans le corps à l’époque de la dentition : «jusque-là l’enfant est animé par la grande âme de la terre.

« Les âmes spéciales étaient avant la vie, elles sont après la « vie ; et, au sortir du corps, pour ne point s’isoler des sen- « sations matérielles, elles s’unissent à un corps éthérô, qui « pénètre les solides les plus compactes, ou se transfusent « dans un corps humain sur notre globe. Le désir de la mé- « tcmpsycose ave'c souvenir de la vie présente est la preuve « de ce fait ; car Dieu , distribuant les attractions en dose pro- « portionnelle aux destinées, serait un distributeur inepte,

« injuste, cruel, s’il ne réalisait pas le désir que tout homme « éprouve, à son déclin , d’une renaissance en corps et en « lumières acquises précédemment. Il est fâcheux que le « souvenird’outre-tombe nous manque, ce serait une excel- « lente preuve de la transmigration des âmes. »

L'imagination de Fourier ne laisse pas que de déterminer avec une précision mathématique les allées et venues d’un monde à l’autre. Au décès de cette planète, sa grande âme, et par suite les nôtres, puisqu’elles en sont des émanations, passeront sur une autre planète neuve, où elles continueront leurs évolutions, de planètes en étoiles, d’étoiles en soleils, centres d’invisibles univers. Dans ses sublimes visions, Fourier a vu une échelle d’âmes de divers degrés, auxquels on s’élève successivement après la mort.

Fourier attribue le mal à une organisation sociale vicieuse; selon lui, Dieu, infiniment bon et puissant, n’a pu faire le mal. Le mal dans l’humanité provient d’un mau-

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