‹ La pluralité des existences de l'âmeChapitre 143 sur 193 · Dictionnaire des sciences philosophiques, v° Fourier · texte numérisé non relu

Dictionnaire des sciences philosophiques, v° Fourier

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vais usage de nos penchants. Ces penchants sont tous bons et utiles , mais il faut savoir les diriger, et surtout organiser des milieux qui s’harmonisent avec leur développement régulier. Quand l’homme aura atteint la période d’harmonie, le mal disparaitra. L’existence du mal n’a pu être empêchée au commencement, parce que l’homme est doué de liberté. Si l’homme n’était pas libre, il serait dans la classe des animaux avec un instinct infaillible, à la vérité, mais sans progrès et sans perfection. Fourier pousse si loin la rigueur de ses conséquences , qu’il prévoit aussi dans l’avenir la transformation de la terre ; le globe ayant été providentiellement préparé pour l’homme, celui-ci doit être doué de forces suffisantes pour écarter tout obstacle à sa domination par les progrès successifs de la culture unitaire. Le régime barmonien amènera aussi la diminution et même la cessation des maladies. Et quant à la mort, la ferme croyance dans la métempsycose en aplanira les approches et atténuera peu à peu les terreurs de cet inconnu si redouté de nos jours Ainsi, le mal physique comme le mal moral est passager et doit s’évanouir. Alors les desseins de Dieu sur sa création sont dignes de sa puissance et de sa boulé, et la question du mal ne peut remonter jusqu’à lui.

Toute la doctrine de Fourier est en abrégé contenue dans ces lignes. Là est la clef de l’homme et du système; la question du mal l’a embarrassé comme bien d’autres, il l'a hardiment résolue; il a rêvé le paradis sur la terre, et a placé ici-bas ce qu’en effet nous réaliserons un jour, mais ailleurs.

Fourier admet que tous les penchants sont bons, parce

1. Ne resterait-il pas toujours pour ceux qui s’aiment le regret de se quitter, et c'est là ce qui fait la cruauté de la mort.

FüUIUKH.

qu’ils nous viennent de Dieu; il n’a pas remarqué qu’en supposant, comme il le fait, le dogme de la préexistence, des penchants vicieux ont pu prendre racine dans l’individu par l’exercice de la liberté et à la suite de vies plus ou moins longues; qu’ainsi la réalité de penchants mauvais pourrait parfaitement s’accorder avec la bonté de Dieu qui a voulu respecter le libre arbitre de l’homme,

Fourier part, en suivant son système, d’un principe inexact quand, attribuant nos penchants actuels à Dieu, il en conclut qu’ils sont bons; il n’a pas suffisamment distingué ce qui est originel et divin de ce qui a été contracté par une foule d’existences antérieures, puisqu’il les admet.

Fourier est donc ici en évidente contradiction avec son système sur la vie future.

Remarquons un point tout à fait arbitraire de la cosmogonie de Fourier. L’homme, quels que soient sa grandeur et son génie, ne peut s’avancer dans l’échelle des êtres qu’avec l’humanité; il doit attendre le décès de la planète pour aller habiter d’autres terres et d’autres cieux.

Sa théorie de l’avenir terrestre par progression ascendante et par progression descendante est entièrement contraire à la loi du progrès.

Les phases de l’humanité sont ainsi réparties ;

Première phase: Êden. — Sauvagerie.-— Patriarcat’. —

Barbarie. — Civilisation 5,000 ans.

Deuxième phase: Garanllsme. — Association simple.—

Association composée. Nous y entrons à peine, elle

doit durer. 36,000

Apogée. — Harmonie 9,000

Troisième phase : Déclin. — Mercantilisme. — Monopole. 27,000 Quatrième phase : Caducité. — Féodalité industrielle. . 4.000

Totaux 81,000 ans.

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