FOU RI EU
Nou3 n’avons pas besoin d’indiquer combien de pareilles déterminations sont chimériques. Le blâme que nous énonçons est plus sérieux et plus grave. Que devient, dans la doctrine de Fourier, la loi du progrès indéfini? Peut-on admettre que les efforts de l’humanité n’aboutissent,' en dernière analyse, qu’à revenir aux malheurs de l’enfance par les malheurs de la vieillesse? Ici, nous le proclamons hautement et avec la plus complète certitude, Fourier se laisse égarer par une fausse analogie. Il a étendu au règne de l’esprit immortel et incorruptible les lois du règne matériel où tout naît, vieillit et meurt. L’esprit a une enfance, mais il n’a point de vieillesse; tant que l’humanité dominera sur la terre, elle s’avancera toujours conquérante, toujours de plus en plus digne du Dieu qui la guide et vers lequel elle tend. Le globe de la terre pourra mourir, qu’importe? l’humanité ne mourra pas, et ses derniers jours d’habitation terrestre seront l’apogée de sa grandeur d’ici-bas, qu’elle développera perpétuellement et indéfiniment dans un avenir immortel.
En ce qui touche la vie individuelle, nous n’avons pas dissimulé notre répugnance pour un système de métempsycose terrestre nécessairement destructif du souvenir. Nous avons expliqué comment, dans notre système, le corps spirituel nous donnera la mémoire de toutes nos existences, de toutes nos transformations.
Fourier admet bien un corps aromal , mais il veut que la vie aromale et la vie terrestre soient alterrfetives ; qu’après avoir obtenu une somme immense de félicité, nous retombions par une constante vicissitude dans les douleurs et les imperfections de l’existence mondaine. Il est non-seulement en opposition flagrante avec la loi du progrès, mais encore avec la tradition générale sur la