LES ÉGYPTIENS
Il nous dit 1 que ces peuples sont les premiers qui aient avancé que l’ânie de l’homme est immortelle; que, lorsque le corps vient à périr, elle entre toujours dans celui de quelque animal; qu’après avoir ainsi passé successivement darjs toutes les espèces d'animaux terrestres, aquatiques, volatiles, elle rentre dans un corps d’homme, qui naît alors, et que ces différentes transmigrations se font dans l’espace de trois mille ans 2.
On voit que, selon cet historien, les Egyptiens n’admettaient pas l’immortalité dans le même sens que nous. Ils ^ croyaient seulement que les âmes des hommes, après avoir / quitté les corps qu’elles animâient 3, passaient, par une suite de transmigrations, dans ceux de divers animaux, et revenaient, après une période de trois mille ans, animer un corps humain naissant. Cette expression, naissant, est très-remarquable, et prouve que, dans leur système, les Égyptiens n’admettaient pas que l’âme dût jamais reprendre l’ancien corps. Ainsi, le motif qu’on attribuait à leurs embaumements, n’était point le véritable. Ils ne pouvaient en effet avoir pour but de conserver les corps afin que l’àme pût y rentrer au bout d’un certain temps, puisqu’on la croyait destinée à en animer un nouveau ; mais les Égyptiens supposaient que la transmigration commençait seulement lorsque l’âme s’était séparée du corps d’abord animé par elle, et comme, suivant leurs prêtres, la séparation n’avait lieu qu’après que le corps était entièrement détruit, ils faisaient tous leurs efforts pour éloigner le moment de cette destruction absolue. Tel était l’unique objet de l’embaumement si soigneux de leurs corps, et