LES ÉGYPTIENS
des soins minutieux qu’ils prenaient pour les garantir de la putréfaction. Servius nous expose clairement leur doctrine : « Les Egyptiens, dit-il \ renommés par leur sagesse, « prolongent ladurée des cadavres afin que l’existence de « l’àrne, liée à celle du corps, soit conservée, et ne passe « pas si promptement à d’autres. Au contraire, les Romains « brûlent les cadavres, afin que Pâme, reprenant sa liberté, u rentre tout de suite dans la nature. » Egyptii periti sapientiœ, condita diu reservant cadavera, scilicet ut anima corpori sit obnoxia , nec cito ad altos transeat. Romani contra faciebant comburentes cadavera , ut statim anima in generalitatem , id est, in suam naturam re~ diret.
Donc ces usages, quelque contradictoires qu’ils fussent, impliquèrent des deux parts la croyance à la transmigration et à la réincarnation des âmes qui a été aussi enseignée par Pylhagore et par Platon, et se retrouve au fond du polythéisme hellénique *.
On peut le dire à l’éternel honneur de l’hellénisme , il n’est pas de religion qui ait affirmé plus haut et plus clairement l’immorlalité de l’âme. Tandis que les patriarches bibliques s’endorment à côté de leurs pères, les héros grecs conservent au-delà du tombeau une vie indépendante. Le peuple, dans ses prières, les confond presque avec les Dieux, et leurs tombes sont sacrées comme des temples. Ils sont les gardiens vigilants des cités , les protecteurs attentifs des familles, les hôtes invisibles de toutes les fêtes, les auxiliaires puissants de leurs fils aux jours des batailles,