Géme du christianisme, p
MADAME DE GÀSPARIN.
des passions aux élus. L’Écriture nous parle des espérances et des saintes tristesses du ciel '. '
L’auteur des Horizons célestes exprime et développe à son tour la même pensée :
« Qu'on ait peur du jugement dernier, dit madame de Gasparin, cela se comprend; qu’on ait peur du paradis, cela ne se conçoit pas. Et cependant, lorsqu'on y regarde de près, rien de plus justifié qu’un tel effroi.
« Il y a deux paradis : celui de Dieu, et celui des hommes.
« L’un, parfait en beauté, devrait exercer sur nous une attraction irrésistible; mais on ne le connaît guère; peu de gens prennent la peine d’en aller chercher le reflet aux pages de la Bible. L’autre, que les hommes ont fait aussi bien qu'ils l’ont pu, étonne plus qu’il ne réjouit. C’est de celui-là que les meilleures âmes se donnent frayeur.
« Il n’a rien de nettement accusé; et ce vague me pénètre de crainte.
« Regardez le ciel de Dante....
« De la lumière, oui, une belle intensité de lumière... Il y a de l’extase dans l’air qu’on y respire.... Mais des cercles, toujours des cercles!... Un carrousel à remplir les cieux, lancé par la main qui jeta les mondes dans l’éther...
« Ne rêvez pas une autre félicité; chanter trois paroles que les siècles redisent aux siècles; resplendir, tournoyer, perdu dans l’ivresse des clartés et du tourbillon, voilà vos joies.
« Dans la sphère transcendante, les âmes immobiles, rangées, j’allais dire piquées sur les gradins de l’amphithéâtre, siègent noyées dans là lumière; au centre, Dieu; trois cercles de dimensions égales : le Père, le Fils et le Saint-Esprit.
• « Que sentez-vous? moi je sens de l’épouvante.
« Se perdre dans l’océan de la vie, ou s’anéantir, ce m'est tout