‹ La pluralité des existences de l'âmeChapitre 162 sur 193 · Isaïe, ch. XLIV, v. 28; eh. XLV, v. l · texte numérisé non relu

Isaïe, ch. XLIV, v. 28; eh. XLV, v. l

D’OIUKNT.

gloire; et comment il est dit que Dieu, pour faire éclater sa puissance parmi les nations, et y répandre la renommée de son nom, a endurci le cœur rebelle et suscité la volonté opiniâtre de Pharaon 1 : car il suffisait à l’Éternel, pour produire ces effets divers, de rappeler à l’existence certaines âmes qu’il savait naturellement propres à la fin qu’il se proposait d’atteindre. C’est ce qui est expressément marqué dans ce passage de l’apôtre saint Jude, où il semblerait, à le prendre dans le sens qui s’offre directement à l'esprit, qu’un décret de réprobation éternelle de certaines âmes est positivement indiqué : « qu’il s’est introduit dans p l’Église des hommes impies qui avaient été autrefois désignés « pour ce jugement, » ou dont il avait été décrit qu’ils se l’attireraient.

« Ainsi tombe et disparait la plus grande difficulté de ladoctrine de la grâce, qui était d’expliquer comment il se pouvait faire que Dieu fit miséricorde aux uns et qu’il endurcit les autres, sans qu’il y eût en lui ni justice ni acception de personne, ne faisant miséricorde, dit saint Augustin, que par une grâce qui n’était pas méritée, et n’endurcissant que par un jugement toujours équitable; puisqu’il est clair dans cette théorie que ce n’est pas (comme Origène l’avait compris et l’avait dit avant nous) sans que des mérites aient précédé que les uns sont formés pour des vases d’honneur, et les autres, au contraire, pour des vases d’ignominie et de colère. Et cette dure parole qu’avait prononcée sur Judas l’évêque d’Hippone, et qui a tant scandalisé la plupart des théologiens catholiques, quoiqu’elle ne soit que la confirmation de ce qu’on vient de citer de saint Jude, que ce perfide avait été prédestiné pour verser le sang du Sauveur, paraîtra très-juste et très-certaine en ce sens, que Dieu avait fait renaître cette âme déjà perdue, ce démon comme Jésus-Christ l’appelle*, précisé-

1 . « Idcirco aulem posai te, ul ostendam in te fortiludineui meaiu et narretur nomenmeum in omni terra. » (Kxod., ch. IX, v. IG.)

2. « Nonne ego vos duodecini elrgi, et ex vobis unusdiabolus est. » (Saint Jean, ch. VI, v. 71.) •

Di

D’ORIENT

ment pour l’exécution de cet odieux attentat. « Le Seigneur, dit « Salomon ', a tout fait pour lui, et le méclianl même pour le « jour mauvais. »

« Ce choix providentiel des âmes qui reposent entre les mains et dans la puissance de Dieu, nous explique encore comment il arrive que l’intelligence et les autres dons naturels sont ordinairement en rapport avec la condition dans laquelle chaque personne est née.

« Les mystères les plus sublimes de fa religion, les faits les plus merveilleux qui se rapportent aux destinées de nos âmes, ont donc leur explication naturelle dans cette doctrine bien comprise de la métempsycose, quelque étrange et extraordinaire qu’elle ait pu paraître dans le premier coup d’œil. Et quelle preuve plus éclatante peut-on demander, quelle raison plus forte et plus convaincante qu'un tel accord, dans une matière où toute démonstration positive sera toujours humainement impossible ? Une doctrine qui répond si exactement à tous les faits, qui explique sans difficulté tous les phénomènes de notre existence eu ce monde, ne peut être que nécessairement vraie. »

On conçoit très-bien que nous ne nous expliquions pas ici sur cette théorie, en ce qui concerne surtout la naissance prédestinée de ./«(/as. Nous n’en retenons que ce seul grand fait, la dislributiou providentielle des âmes et la certitude de la préexistence.

I. « Univers» propter seinelipsum operatus est Dominas, impium quoque ad diem maluni. » (Prov., eh. XVI, v. 4.)

JEAN REYNAUD

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