Luc, XXVI
JEAN REYNAUD
pait obscurément les sues de la terre, niais il n’y a pas en elle un seul atome qui ait jamais appartenu à ce faillie embryon : l'ancienne substance, livrée au vent et dispersée dans la campagne, a fait place à une substance nouvelle provenue d’autres lieux, et disposée, sous une forme nouvelle, pour des fonctions nouvelles dans un autre habitat. La substance, la forme, les fonctions, l’habitat, tout est donc nouveau, et rien de co que nos sens peuvent saisir ne reste fixe. Mais dans ce renouvellement général, il y a cependant une chose qui ne change point ; et celle chose qui ne change point, tandis que tout change autour d’elle, cetle chose qui persévère et maintient l’unité de la plante à travers toutes les vicissitudes de son existence, c’est le principe même de la plante, c’est-à-dire cetle force invisible qui, toujours vivante sous l’enveloppe changeante, sait toujours distraire de la niasse flottante de l'univers les matériaux qu’il lui faut pour continuer sa vie et s'en construire les organes divers dont nous la voyons successivement se servir. Ainsi est l'âme, qui, passant d’un séjour à un autre séjour, et laissant son premier corps pour un corps nouveau, sans cesse variable, dans sa demeure et dans son apparence, poursuit, sous les rayons du Créateur, de transmigration en transmigration et de métamorphose en métamorphose, le cours palingénésiaque de sa destinée éternelle.
« Naître, ce n’est donc pas commencer, c'est changer de figure. Nous voyons, à la vérité, des corps qui n’existaient point auparavant se former sous nos yeux, et finalement, leur engendrement terminé, sc placer parmi nous, sous une Forme ou sous une autre, au rang où leur destinée les appelle; mais rien dans ces jeux de la matière ne nous autorise à conclure que la force qui entretient ces corps, qui leur préexistait puisqu’elle les a causés, ne préexislait pas de longue date, et n'en avait pas déjà, dans d’autres temps et d’autres régions, construit et entretenu beaucoup d’autres; il est même évident que si le ciel renferme une infinité d’astres analogues au nôtre, sur lesquels les âmes, poursuivant leur chemin vers Dieu, viennent successivement prendre pied, nous ne-pouvons, sans une témérité que rien ne justifie, séparer notre
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monde, comme un anneau exceptionnel, de la chaîne de tous les autres, l’ériger en matrice de l’univers, et proclamer que toute finie que nous y voyons naître éclôt dans le ciel pour la première fois. Il va une probabilité infinie, — puisque rien ne démontre le contraire, et puisque nous avons, dans la série des existences que nous avons sous les yeux depuis les animaux les plus grossiers jusqu’aux génies humains les plus sublimes, un aperçu de tous les •degrés possibles d’existence, et comme un abrégé de la totalité de l’univers, — il y a, dis-je, une probabilité que l’analogie la plus parfaite unit notre sphère aux sphères les plus élevées du ciel, et que ces résurrections que nous savons se produire dans les autres régions de l’univers, se produisent aussi dans celle-ci ; joignons donc la métempsycose à l'Évangile, et plaçons Pythagore à côté de Jésus.
« Nulle part la production des corps n'est instantanée. Quelles que soient, en effet, les innombrables différences que présentent les mondes sous le rapport des premières manifestations de l’âme à son arrivée, il y a néanmoins ceci de constant, qu’il faut toujours à l’âme un certain temps pour rassembler les matériaux dont elle' a besoin, et en construire les organes qui doivent la servir. Si l’on voulait supposer, ce qui est sans doute peu croyable, qu’il existe des mondes où les âmes viennent s’iucarner dans des corps préparés à l'avance et accomplis, comme cette statue de Pygmalion dans laquelle, selon la fable, descendit l’fime d’une jeune fille, il .est évident qu’il faudrait encore un certain laps de temps pour que l'âme, après avoir pénétré ce corps, pût se familiariser avec lui et achever d'en prendre possession parfaite. Donc la résurrection, même dans cette hypothèse extrême, ne serait encore que progressive. Donc la loi de non-instantanéité est, ainsi que nous l’avons dit, une loi universelle et qui régit la naissance dans tous les lieux du ciel.
« Poussant notre étude plus loin, cherchons maintenant ce que l'observation de ce qui a lieu sur la terre nous permet de concevoir de plus général sur la manière dont la réincarnation s’opère. Et d'abord imaginons un nuage de figure et d’apparence variable,
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situé dans un milieu et des conditions spéciales; c’est dans ce nuage que l'ânie, quittant son état de vacuité, vient prendre place : au premier instant, elle est comme étourdie et plongée dans le sommeil, et déjà cependant elle est active; sous son influence, le nuage se façonne, s’accroît, devient un corps, et à mesure que ce corps qui doit la servir s’organise, l'àme se réveille, secoue son ignorance, s'habitue à cette nature étrangère qui l’entoure, et s’enhardit enfin à se lancer tout expérimentée dans le séjour inconnu où sa destinée l’a conduite. Voilà, en résumé, ce que les enfants nous montrent. »
Jean Reynaud s’élève encore plus haut lorsqu’il démontre que la charité, cette seule vertu théologale conservée et • cultivée dans le ciel des chrétiens, ébranle complètement les portes de ce paradis imaginaire, en face des supplices éternels de l’enfer.
« La charité est la seule vertu à laquelle les chrétiens aient donné accès dans leur ciel; mais elle en rompt les portes et demeure en suspens entre le paradis et l'enfer, sans trouver satisfaction nulle part. D’un côté, Dieu l’attire ; de l’autre, les gémissements de la créature malheureuse l’attirent également, et elle n’a de calme ni dans L’enfer, dont elle essayerait vainement d’apaiser les douleurs, ni dans le paradis où l'inquiétude la poursuit. Cette vertu, en effet, n’est pas un amour tellement absolu du Créateur, que la créature n’y ait place. On 11e peut aimer véritablement Dieu, si on. ne l’aime dans ce qu’il a créé, de même que l'on ne peut aimer véritablement la créature si on ne l’aime en celui qui lui a donné l’existence. La charité est une double force qui, nous attachant directement à la création, nous attache à Dieu par son œuvre; et qui, nous attachant directement à Dieu, nous attache à la création par son auteur; elle est le ciment de l’univers. Comment donc pourrions-nous apercevoir la souffrance d’une partie de la création sans être instinctivement
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sollicités à y porter remède ; et comment notre amour pour le Créateur ne serait-il pas troublé par le sentiment de l’éternité de ce mal et de notre impuissance? La charité, au lieu de jouir de sa plénitude et de sa sérénité au sein du paradis, y est donc au contraire à demi étouffée sous les empêchements qui la gênent; et, loin de devenir la source de la félicité, elle y devient celle de la souffrance. Certes, notre sort sur la terre est plus doux que celui des élus, puisque, malgré toutes les entraves qui nous arrêtent, nous sommes libres, du moins, d'obéir au noble instinct qui nous commande d’aider toute créature dans la peine, libres de croire à l'efficacité de nos efforts, libres d'espérer de la bonté de Dieu la fin de tout mal dont la vue nous afflige. Quel est celui qui, se transportant d’imagination dans celte haute demeure des chrétiens, se figurerait qu'il lui sera possible d’assister au supplice des damnés, de voir dans d’inextricables tortures ses parents, ses amis, les objets de ses affections les plus profondes en cette vie, sans les plaindre, sans désirer de leur tendre une main secourable, sans se déranger de la tranquille perception de sa béatitude; que dis-je? sans éprouver lui-même, par l’effet de son impuissance à l’égard de ces infortunes, le plus affreux supplice? Il me semble voir mes amis désespérés, s’agitant au milieu d'un incendie, et moi, cloué par la paralysie sur un fauteuil, m’écriant vainement; ainsi que dans un rêve, sans pouvoir me lever pour courir à leur aide et les sauver. Ne dites donc pas, ô Christ, que les cris du mauvais riche, implorant dans sa détresse du rafraîchissement, montent jusqu'aux oreilles de Lazare assis dans le sein d’Abraham, et que Lazare entend cette prière sans que sa charité soit émue. Malgré l’imperfection de notre nature, nous deviendrions, en vue de vos élus, trop tiers de nous-mêmes, et nous cesserions d’avoir du respect pour ceux que vous sanctifiez et mettez audessus de nos tètes ; il nous répugnerait de penser que nous prendrons place un jour à la même table qu’eux, et que nous serons assez profondément altérés par la mort pour pouvoir partager, sans hprreur de nous-mêmes, leur égoïsme barbare.
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Laissons ces imaginations pour ces temps de mœurs dures, oii les plus humains n’avaient nul scrupule, dès que le crime était certain, de se faire spectateurs des tourments infligés aux coupables parla main des bourreaux. Élevons-nous à des pensées meilleures; cessons de croire à l’existence d’un paradis où rien de noble n’éclate, et que nous embellirions en y laissant (ombelle reflet de nos vertus; ayons notre humanité assez avant dans le cœur pour renoncer, plutôt que de la perdre, à notre existence elle-même; proposons-nous, quelque heureuse que devienne jamais notre vie, partout où nous verrons une créature en souffrance, de nous efforcer de la ramener vers le bien ; partout où nous verrons une créature au-dessous de nous, de nous efforcer de la faire monter jusqu’à nous; et partout où nous en verrons une au-dessus, de nous efforcer de monter à notre tour jusqu’à elle. Appuyés sur la foi, sur- l’espérance et sur la charité, élançons-nous avec hardiesse dans l'immortalité.
« Le ciel n’est donc point une demeure, mais un chemin; et le terme de ce chemin mystérieux est précisément ce paradis final que les chrétiens, sans pouvoir le définir, ont vaguement conçu. Et en effet, à la limite de ce perfectionnement -vers lequel tout l'univers gravite, n’apercevons-nous pas toutes les créatures, assises face à face devant Dieu, satisfaites dans tous leurs désirs, éclairées dans toutes leurs ignorances, aussi incapables de sentir ni foi ni espérance que celui qui sait tout et qui peut tout, et absorbées sans distraction dans l’amour plein de béatitude qui les unit au Créateur et à la création tout entière? Mais la jouissance effective de ce paradis ne peut être attribuée qu’à celui qui demeure dans le ciel et n’y chemine pas; et qui, couvrant l'éternité, d’une main touche à l’origine des choses, et de l’autre à leur fin. Ainsi l’asile du repos absolu n'est point une réalité, mais une limite, et le jugement dernier n’est point dans le temps, mais hors le temps. De là l’erreur des chrétiens qui, égarés par leur téméraire précipitation vers la consommation finale, se sont vus réduits à combler, avec la monstrueuse inven-
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tion de l’enfer, les lacunes que leur imprudence avait causées dans le ciel. »
Jean Reynaud, comme on le voit, est un des plus grands précurseurs de l’avénement spirituel et de la foi nouvelle. Donnons, en terminant, la synthèse remarquable et lucide qu’il a lui-même faite de ses opinions en théodicée; mais avant, et pour qu’on en comprenne bien toute la portée, il nous faut expliquer ce que le philosophe a dit de la question du souvenir dans l’immortalité. Il croit nos âmes ainsi faites, que les impressions les plus légères qui leur ont été imprimées durant leurs existences successives, aussi bien que les plus fortes, y demeurent et s’y retrouvent dans leur corps spirituel et plastique, désigné par Moïse et par le Zohar sous le nom de Rouah, l’Esprit des vies ( Spiritus vitarum) .
Notre histoire, en conclut Jean Reynaud, n’est donc pas seulement dans le livre de vie dont parle l’Apocalypse, placé entre les mains des anges et de Dieu, elle est dans notre propre substance, c’est-à-dire dans la partie quintes senciée de notre être, et cette partie est comme le livret que nous emportons avec nous, d’étage en étage, à travers les mondes. Seulement nous ne pouvons y lire qu’aprèsdes développements suffisants sur lesquels Jean Reynaud va s’expliquer tout à l’heure. Mais comment cette sauvegarde du souvenir sera-t-elle possible? L’auteur la fait très-bien concevoir par des exemples tirés de notre expérience purement terrestre. Gitons-le à ce sujet :
« C'est sur quoi, dit-il, notre propre expérience nous vient en confirmation. Y a-t-il dans les organes, au moyen desquels nous sommes aujourd’hui en communication avec l’univers, je ne dis pas simplement une seule molécule, mais une seule forme qui
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ait appartenu aux organes dont nous nous servions dans notre enfance? Depuis lors, combien de corps notre faculté vitale n’a-, t-elle pas ramassés, usés, dissipés? Et cependant, malgré toutes ces mutations, notre âme ne conserve-t-elle pas lamémoire? Que de choses auxquelles je n’avais pas pensé depuis des années, que j’avais laissées tomber complètement de mon souvenir, et qui tout à coup, à l’occasion des lieux et des personnes, ou par un effort d’attention, se réveillent et reparaissent en moi! N’y a-t-il pas là un indice de ce qui est susceptible de se produire plus tard dans des proportions sublimes? Nonobstant ces interruptions apparentes qui nous font tant d’effet, et que le vulgaire nomme en tremblant la mort, notre vie, considérée non dans le terre-à-terre d’un jour auquel les préjugés de notre éducation la réduisent, mais dans sa ligne infinie, est au fond aussi contiuue dans tout son développement, que dans la courte période qui s’offre à nous à découvert, entre le berceau et la tombe. Les accidents, quels qu’ils soient, qui affectent notre vêtement corporel, ne sont jamais que secondaires. Nous ne cessons, dans le courant de notre vie, de changer d’habits de jour en jour, mais pièce à pièce, tandis qu’à la fin, nous changeons tout à la fois et loin des yeux de ceux qui nous entourent; voilà toute la différence, et c’est une chose que, du haut de ces stations élevées, l'âme ne doit plus guère regarder que comme une des singularités de son bas âge : étrangère désormais à de telles misères, elle en contemple le souvenir et reprend en souriant son vol dans l'immortalité. »
Mais à quelles conditions l’âme reprend-elle le souvenir de tout son passé? Notre philosophe distingue deux périodes : celle qui, comme le disaient les druides, s’accomplit dans le monde des voyages et des épreuves dont la terre fait partie ( cycl ir abred ), et celle qui, délivrée enfin des misères et des vicissitudes de la vie, poursuit ses destinées dans le cercle du bonheur toujours croissant et progressif
J F, A N REYNAUD
(cycl y yivinfid). Dans la première, il y a éclipse de mé- ‘ moire à chaque passage dans un milieu nouveau, quoiqu’il y en ait reprise plus ou moins complète et parfaite pendant chaque intervalle de repos; dans la deuxième, quels que puissent être les déplacements et les transfigurations delà personne, le souvenir se conserve et dure plein et entier.
C’est cette théorie que nous avons entièrement adoptée (comme on le verra plus loin) dans tous nos ouvrages et qui forme la base du système de Jean lleynaud; c’est elle qui sert de fondement à ses croyances qu’il résume ainsi :
« La théodicée que j'ai essayé d’esquisser sous le titre de Terre et Ciel , est bien simple; et, pour achever de l’éclaircir, il me suffira d’en faire la synthèse. La voici en deux mots : En réfléchissant sur le spectacle de l’univers, tel qu’il se présente à nous du point de vue des temps modernes, il me semble que notre esprit se trouve naturellement conduit à se représenter qu’il existe, dans les capacités de l’étendue, une première série de mondes plus ou moins analogues à la terre, dans lesquels les âmes, au début de la carrière sans bornes qui s’ouvre devant elles, encore débiles et n’adhérant pas à Dieu assez fortement, se trouvent exposées au régime de la tentation, y succombent ou en triomphent, se perfectionnent peu à peu, d’un monde à l’autre, au milieu d’épreuves toujours proportionnées au degré de faiblesse et deculpabilité, et parviennent finalement, après des labeurs plus ou moins prolongés, à mériter d’ètre admises dans les mondes de la haute série. Là se produit la délivrance définitive de tout mal; l’amour du bien règne désormais avec une telle puissance que nul ne démérite plus, et que tous, au contraire, animés du désir de s’élever, et secondés dans leurs efforts par la grâce incessante de Dieu et le concours des sociétés bienheureuses au sein desquelles ils vivent dans toutes les splendeurs de la nature, déploient dans ce but l’activité de toutes leurs vertus, et se rapprochent par un progrès continu, plus ou
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moins rapide selon l’énergie de chacun, du type infini de la perfection. »
On le voit, ces conceptions sont à la fois pleines de grandeur et de vérité. Jean Reynaud a eu beaucoup d’adhérents parmi les penseurs distingués de notre époque. Nous n’en mentionnerons que quelques-uns : Ronzicr Joly, qui a écrit un bel ouvrage ( Horizons du ciel) ; Pclletan qui a développé quelques parties de la philosophie de Reynaud, dans sa Profession de foi au dix-neuvième siècle , et dans ses Heures de travail; Henri Martin, qu’il ne faut pas confondre avec son homonyme, auteur d’une Vie future , dont nous avons combattu les conclusions, Henri Martin, dont nous parlons ici , l’auteur d’une des meilleures histoires de France qui aient paru de nos jours, a publié dans diverses revues, notamment dans la Revue de Paris , des articles très-bien composés sur Jean Reynaud ; et dans le tome Ier de sou grand ouvrage, il adopte ouvertement sur le druidisme les vues élevées de son ami.
Abordons maintenant, et citons longuement, comme se rattachant plus particulièrement à notre traité, l’intéressant ouvrage de Camille Flammarion, La pluralité des mondes habités , dont nous avons déjà parlé dans notre préface.
L’auteur se proclame franchement le disciple de Jean Reynaud, et il le prouve. Cet illustre philosophe avait parfaitement compris la liaison qui existe entre la science astronomique vivante, et son système sur l’origine et la destinée de l’âme; mais il n’avait fait qu’ébaucher, quoique par de magnifiques intuitions, la question de la pluralité des mondes, surtout dans son établissement scientifique. II fallait la reprendre en entier, en asseoir la vérité sur d’inébranlables fondements; il fallait joindre l’autorité des
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éludes spéciales au talent du penseur, pour tirer les conséquences morales des constatations rigoureuses et positives du savant. Flammarion était singulièrement apte à remplir ce double rôle; rédacteur d’un journal scientifique très-estimé, ayant une position officielle dans la science astronomique, il a fait preuve, et nous allons le constater, des autres qualités désirées. Quant à la partie scientifique, elle est d’une incontestable certitude, et nous n’en dirons rien de plus ici. Tous ceux qui s’intéressent à la haute question de nos destinées futures, devront méditer sérieusement l’ouvrage de cet astronome. Nous nous bornerons à donner une idée de quelques aperçus philosophiques d’une haute portée, par lesquels il imprime le cachet moral à son œuvre, et opère la fusion entrevue déjà par de grands esprits entre la science et la métaphysique.
Parlons d’abord d’une très-grave question que nous avons déjà effleurée, mais sur laquelle il ne sera pas indifférent de revenir avec notre auteur : « Quelle a été la raison de la répulsion de la théologie chrétienne contre Copernic et Galilée ? » Laissons la parole à Camille Flammarion, dans son appendice sur le dogme chrétien.
« Cette raison grave, cette raison cachée, cette raison sourde, c’est celle qui fit mettre Bacon, Copernic, Descartes à l’index, c'est celle qui fit exiler Campanella et qui fit brûler vif Jordano Bruno au champ de Flore, à Rome, pour l’hérésie de la nouvelle science du monde. Cette raison, c'est celle qui avait fait incarcérer le jésuite Fabri, parce que, dans un discours sur la constitution du monde, il avait dit que le mouvement de la terre une fois démontré, l'Eglise devrait dès lors interpréter, dans un sens figuré, les passages de l’Écriture qui y sont contraires.
« Cette raison, c’est celle qui, trois ans après la mort de Galilée, animait le R. P. Gazrée, recteur du collège de Dijon, lors-
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qu’il cherchait à détourner Gassendi delà croyance an mouvement de la terre et à la pluralité des mondes, par la lettre qua voici :
« Songe, dit-il, moins à ce que tu penses toi-même, qu’à ce que penseront la plupart des autres, qui, entraînés par ton autorité ou par tes raisons, se persuaderont que le globe terrestre se meut parmi les planètes. Ils concluront d’abord que si la terre est, sans aucun doute, une des planètes, comme elle a ses habitants, il est bien à croire qu'il en existe aussi dans les autres, et qu’il n’en manque pas non plus dans les étoiles fixes, qu’ils y sont même d’une nature supérieure, et dans la même mesure que les autres astres surpassent la terre en grandeur et en perfection. De là s’élèveront des doutes sur la Genèse, qui dit que la terre a été faite avant les astres, et que ces derniers n’out été créés que le quatrième jour, pour illuminer la terre et mesurer les saisons et les années. Par suite, toute l'économie du Verbe incarné et la vérité évangélique seront rendues suspectes.
« Que dis-je? Il en sera ainsi de toute la foi chrétienne ellemême, qui suppose et enseigne que les astres ont été produits par le Dieu créateur, non pour l’habitation d’autres hommes ou d’autres créatures, mais seulement pour éclairer et féconder la terre de leur lumière. Tu vois donc combien il est dangereux que ces choses soient répandues dans le public, surtout par des hommes vivants, qui, par leur autorité, paraissent en faire foi.
« Ce n’est donc pas sans raison que, dès le temps de Copernic, l’Eglise s’est toujours opposée à cette erreur; et que, tout dernièrement encore, non pas quelques cardinaux, comme tu dis, mais le chef suprême de l’Église, par un décret pontifical, l’a condamnée dans Galilée, et a très-saintement ( sanctissime ) défendu de l’enseigner à l’avenir de vive voix et par écrit. »
« Oui, notre philosophie de la pluralité des mondes, que l’on entrevoyait dès l’aurore copernicienne, paraissait inconciliable avec le dogme chrétien; « elle rendait suspecte l’économie du Verbe incarné, * et pas une voix ne s’est élevée en sa faveur, qui n'ait été immédiatement bâillonnée par mesure de prudence. Depuis trois siècles, notre doctrine, assise sur le granit de la
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science, s’est consolidée, tandis que le jugement de la cour de Rome S’est aiïaildi par l'âge; les chrétiens peuvent dire aujourd'hui ce que Fontenelle n’osait encore avancer : que les habitants des planètes sont des hommes; et l’on n’est pas hérétique par le seul fait de la croyance au mouvement de la terre; nous avons des amis au collège romain qui observent les continents de Mars, et qui croient à la pluralité des mondes.
« Le temps viendra où tous les esprits instruits et indépendants auront su s’affranchir des préjugés qui pèsent encore sur nos tètes, et confesseront, avec l’accent d’une conviction inébranlable, la doctrine de la pluralité des mondes.
« La difficulté du mystère chrétien a été d’abord exprimée comme il suit : Si l’on admet la pluralité des terres habitées et des humanités, il faut admettre ou que ces humanités sont restées fidèles à la loi de Dieu, et n’ont pas nécessité la descente du Rédempteur, ou qu'elles ont péché comme la nôtre et out dù être rachetées. Dans le premier cas, ces humanités impeccables, pures et affranchies de la matière, sont par là même affranchies, au nom du dogme, de la loi du travail, et dès lors leur développement paraît impossible; il semble que ce soient des êtres sans objet de perfectionnement, sans force d’activité.
« Dans le second cas, si ces humanités ont péché comme la nôtre, et ont dù être rachetées, le privilège prestigieux de la rédemption perd de sa grandeur, car il se trouve répété pour des millions et des millions déterrés semblables à la nôtre; il tombe dans la loi commune; il fait partie de l’ordre général; sa splendeur sans seconde s'est éclipsée, et avec elle l’éclat divin dont il était enveloppé. »
Mais l’auteur combat ce dernier argument d’une manière solide, et il ajoute :
« C'est donc sans raison aucune que l’on présenterait la terre comme indigne de l’attention divine, à cause de la multitude innombrable des mondes qui voguent au sein de l’espace; la
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présence universelle et identique de Dieu enveloppe la création comme l’Océan fait d’une éponge, elle la pénètre, elle la remplit; elle est la même en chaque lieu, et son caractère d’infinité lui est inviolablement attaché. La Providence du passereau est infinie comme la Providence de la voie lactée, ni moins attentive, ni moins sage, ni moins puissante: infinie, en un mot, dans le sens unique attaché à ce caractère. »
Quant à l’objection que le christianisme serait compromis par la doctrine de la pluralité des mondes, si nos lecteurs nous ont bien compris et suivi jusqu’ici, ils penseront que ce n’est que le christianisme grossier et enfantin, le pseudo-christianisme qui se trouve atteint, et non le vrai et universel christianisme.
En effet, Dieu intervient partout par ses messies, scs précurseurs, ses prophètes, ses missionnaires, incarnés ou spirituels, dans les mondes supérieurs aussi bien que dans les intermédiaires et les inférieurs ; nous avons dit nos idées sur le plan divin de l’éducation humanitaire : ce plan se reproduit avec une variété infinie et avec les changements nécessaires sur tous les globes; il est partout proportionné à là nécessité des âges et à l’avancement des humanités.
Il n’y a que ceux qui croient follement que la terre est le plus grand des mondes matériels, qui puissent prendré ombrage de cette doctrine véridique de la pluralité des mondes. Flammarion pense et prouve comme Ballanchc, et une foule d’autres penseurs, que notre pauvre planète est des plus misérables et des plus infimes.
Il fait ressortir en ces termes, dans la partie philosophique de son livre, la grandeur des conséquences de cette exacte contemplation de l’univers.
'< Metlons-nousen face de L’universalité des mondes. Qui nous
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dit que ces mondes et leurs humanités ne forment pas dans leur ensemble une série, une unité hiérarchique, depuis les mondes où la somme des conditions heureuses d'habitabilité est la plus petite jusqu'à ceux où la nature entière brille à l’apogée de sa splendeur et de sa gioire? Qui nous dit que la grande humanité collective n’est pas formée par une suite non interrompue d’humanités individuelles assises à tous les degrés de l’échelle de la perfection? — Au point de vue de la science, c’est là une déduction qui découle naturellement du spectacle du monde; au point de vue de la raison, on ne saurait refuser que cette manière d’envisager le système général de l’univers ne soit préférable à celle qui se contenterait de considérer la création comme une agglomération confuse de globes peuplés d’êtres divers, sans harmonie, sans unité et sans grandeur.
« Disons plus. Celui qui voit un chaos dans l’œuvre divine ou dan3 une partie quelconque de cette œuvre, approche de la négation de l’intelligence ordonnatrice; tandis que celui qui voit une unité dans les créations du ciel, comme il en reconnaît une dans la création de la terre, celui-là comprend la nature, expression de la volonté divine.
« Si le monde intellectuel et le monde physique forment une unité absolue; si l’ensemble des humanités sidérales forme une série progressive d'êtres pensants, depuis les intelligences d’en bas, à peine sorties des langes de la matière, jusqu’aux divines puissances qui peuvent contempler Dieu dans sa gloire et comprendre ses œuvres les plus sublimes, tout s'explique et tout s’harmonise; l'humanité terrestre trouve sa place dans les degrés inférieurs de cette vaste hiérarchie, et l’unité du plan divin est établie.
« Entrevu dans cette lumière, notre séjour terrestre est dépouillé de cette enveloppe disparate qui nous empêchait jusqu’ici de reconnaître sa place au sein de l’œuvre divine ; nous le voyons à nu et nous comprenons son rôle; étant loin du soleil de la perfection, il est plus obscur que d’autres; c'est un lieu de travail ou l’on vient perdre un peu de son ignorance originaire et s’éle-
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r^Wrv'*.' —
ver un peu vers la connaissance; le travail étant la loi de vie, il faut que, dans ccl univers où l’activité est la fonction des êtres, on naisse en état de simplicité et d’ignorance; il faut qu’en des mondes peu avancés on commence parles œuvres élémentaires; il faut qu’en des mondes plus élevés on arrive avec une somme de connaissances acquises ; il faut enfin que le bonheur, auquel nous aspirons tous, soit le prix de notre travail et le fruit de notre ardeur. S’il y a « plusieurs demeures dans la maison de notre Père, » ce ne sont point autant de lits de repos, mais bien des séjours où les facultés de l’âme s’exercent dans toute leur activité et dans une énergie d’autant plus développée; ce sont des régions dont l’opulence s’accroît à mesure, et où l’on apprend à mieux connaître la nature des choses, à mieux comprendre Dieu dans sa puissance, à mieux l’adorer dans sa gloire et dans sa splendeur. »
Cette page étincelante, où la justesse de la pensée s’allie à la beauté de l’expression, donne une idée suffisante du talent de l’auteur.
Voici, dans le même ordre d’idées, d’autres vues qui ne le cèdent en rien aux premières.
« Nous ne pouvons nous empêcher d’exprimer ici combien il est doux de voir l’univers tel que nous le voyons maintenant, dans sa beauté réelle, dans sa grandeur, dans son objet et dans sa destinée. Les nuages qui l’obscurcissaient se sont dissipés, nos yeux ont été purifiés des causes qui rendaient notre vision confuse, et nous contemplons dans sa clarté naturelle l’œuvre su^ blime de la création. Or cette révélation de la science porte en soi les caractères de la vérité. Elle comble les aspirations innées de notre âme et elle satisfait les affections de notre cœur; c’est là uu privilège qui n’appartient qu’à la vérité seule. Lorsque nous l’avons une fois conçue, cette idée de la création, rien ne peut nous en détacher, rien ne peut lui enlever notre sympathie, qu’elle s’est conquise dès le premier instant; nous sentons qu’elle touche à nos destinées suprêmes, à nos intérêts les plus chers, à
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toutes les fondions de notre être; nous sentons en elle la loi sacrée qui nous domine tous, non d'une domination onéreuse à laquelle on voudrait se soustraire, mais d’une domination bienfaisante qui assure notre liberté ; nouveau privilège qui ne saurait encore appartenir qu’à la vérité seule. Par cette loi, les attributs inviolables de la Divinité sont sauvegardés en même temps que les intérêts des êtres créés, et le monde, œuvre divine, resplendit sous son double aspect dans toute sa grandeur.
« Oui, notre doctrine porte en soi tous les caractères de la vérité naturelle ; de plus elle nous captive par sa beauté, elle est pleine d’onction, pleine de ravissements. Lorsque nous la contemplons, et lorsque nous nous laissons pénétrer par les idées qu’elle inspire, nous éprouvons ce bonheur que verse toujours en nous la contemplation de la nature, et nous sentons instinctivement en elle l'élément de la vie de notre âme. C’est une doctrine sainte qui donne à toute créature son rang véritable et qui en même temps ennoblit tous les êtres devant notre foi. C’est une doctrine ineffable qui transfigure l’univers et qui donne à notre esprit un nouveau sens par lequel il se met en communication avec tous les enfants de la nature. Elfe est bien l’expression la plus belle et la plus grandiose de l’œuvre divine. »
Nous n’avons pas besoin d’insister ici : le vrai et le beau sont compris et sentis de tous.
Qu’on lise maintenant le résumé des conséquences morales que Flammarion tire de son complet et irréfutable travail :
« Les terres qui se balancent dans l’espace ont été considérées par nous comme des stations du ciel et comme les régions futures de notre immortalité. C’est là la maison céleste de plusieurs demeures, et là où nous entrevoyons le lieu où sont parvenus nos pères, nous reconnaissons celui que nous habiterons un jour.
« Toute croyance pour être vraie doit s’accorder avec les faits de la nature. Le spectacle du monde nous enseigne que i’immor-
CAMILLE FLAMMAItlON.
(alité de demain est celle d'aujourd'hui et celle d’hier, que l’étcrnilé future n’est autre que l’éternité présente; c’est là notre foi : notre paradis, c’est l'infini des inondes *.
« La destinée morale des êtres nous a paru de la sorte intimement liée à l'ordre physique du monde, car le système du monde physique est comme la base et la charpente du système du monde moral. Ce sontdeux ordres decréations nécessairement solidaires. Nous devons voir tous les êtres qui composent l’univers reliés entre eux par la loi d’unité et de solidarité, tant matérielle que spirituelle, qui est une des premières lois de la nature. Nous devons savoir que rien ne nous est étranger dans le monde, et que nous ne sommes étrangers à aueùne créature, car une parenté universelle nous réunit tons.
ft A l’infini de nos aspirations l’astronomie donne l’infini clc l’univers, et nous pouvons dès aujourd'hui contempler le ciel où nos destinées nous attendent.
« Voilà l’humanité collective. Les êtres inconnus qui habitent tous ces mondes de l’espace, ce sont des hommes partageant une destinée semblable à la nêtre. Et ces hommes ne nous sont point étrangers : nous les avons connus ou nous devons les connaître un jour. Ils sont de notre immense famille humaine; ils appartiennent à notre humanité.
« O mages de l’éternelle vérité, apôtres du sacrifice, pères de la sagesse, toi, Socrate, qui pris la ciguë, toi son élève, ô Platon,
— vous, Phidias et Praxitèle, sculpteurs de la beauté, —
— vous, disciples de l'Évangile, Jean, Paul, Augustin, — vous, apôtres de la science, Galilée, Kepler, Newton, Descartes, Pascal,
— et vous, Raphaël et Michel-Ange, dont les conceptions resteront toujours nos modèles, — et vous, chantres divins, Hésiode, Dante, Milton, Racine, Pcrgolèse, Mozart, Beethoven, seriezvous donc immobilisés dans un paradis imaginaire? Auriez-vous
1 . Cette thèse a été développée dans un discours de l’auteur sur les destinées de l’astronomie. Paris, J8G3, réimprimé dans l'Annuaire du Cosmos.
CAMILLE FLAMMARION
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changé de nature V 11e seriez-vous plus les hommes que nous avons connus et admirés, et dormiriez-vous maintenant, véritables momies, éternellement assis à votre place dernière? Non, l’immortalité ne serait qu’une ombre sans l’activité, et nous aimerions autant la tombe que le Nirvana rêvé parles bouddhistes.
C’est la vie éternelle que nous voulons, et non la mort éternelle.
« La vie éternelle, vous l’avez conquise, âmes illustres, non par les travaux d’une seule existence, mais par ceux de plusieurs vies sê continuant l'une l’autre; vous l’avez conquise, non comme un champ de repos où l’on va dormir après la bataille, mais comme une terre promise dans laquelle vous êtes entrés et où vous accomplissez maintenant les œuvres d’une existence glorieuse. Vous développez maintenant ces facultés brillantes dont la terre n’a connu que le germe , et qui demandèrent pour éclore d’autres soleils plus féconds que le nôtre; vous donnez cours aux aspirations sublimes que l’on avait à peine devinées sur cette terre où nul objet n’était vraiment digne de les attirer, où nulle force n’était capable de les soutenir ; vous poursuivez enfin dans l’activité incessante de votre esprit le but le plus cher à chacun de vous.
C’est là où vous êtes, là dans ce ciel calme qui nous domine, au milieu de ces lumières inaltérables qui constellent l’éther. Nous vous contemplons d’ici, dans ces demeures -lointaines, et nous sentons avec amour que ces mondes silencieux ne nous sont point étrangers, comme nous le pensions jadis. Plus heureux que nous, qui sommes encore ballottés sur les flots de l’incertitude, vous avez levé les voiles de l’univers; peut-être apercevez-vous de làhaut notre petit soleil, et distinguez-vous la petite tache qui se nomme la terre et que vous reconnaissez pour votre ancienne demeure. Peut-être mettez-vous en action les forces de la pensée et en connaissez-vous les lois, et peut-être entendez-vous de votre séjour la prière admirative de ceux qui vous vénèrent!
« Quoiqu’il en soit, et malgré l’obscurité qui nous enveloppe encore, lorsque nous tenions de visiter en esprit ce monde mystérieux, nous devons, disciples fidèles de la philosophie naturelle, nous efforcer de comprendre dans sa simplicité et dans sa grau-
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deur l'enseignement toujours unanime de la nature. Pluralité des mondes, pluralité des existences : voilà deux termes qui .se complètent et qui s’illuminent l’un l’autre. »
Tel est, bien brièvement, l’exposé de la doctrine de Flammarion, dans son œuvre remarquable, après laquelle lu question de la pluralité des mondes est irrévocablement résolue.
SPIRITISME