I. Dieu, l’homme, etc., ch. XIII
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RÉINCARNATIONS.
pensé ont fait preuve d'un jugement faux et étroit. Cependant, il faut reconnaître cet axiome : Il n’est pas normal que l’ame vive deux vies terrestres. Le système de Pierre Leroux, sur une métempsycose purement terrestre, est condamné par tous les bons esprits. Non, le retour ici-bas n’est pas normal, et cependant il a lieu fréquemment : c'est que l’homme transgresse la loi de Dieu, loi d'attraction et d’amour, d’ascension lumineuse et de progrès indélinis. Ainsi, ce qui est anormal est devenu une trop constante réalité par la faute des habitants de la terre, qui s’éloignaient toujours de plus en plus de leur souverain bien. Dieu; qui côtoyaient les abîmes du matérialisme et de l’impiété, et dont quelques-uns s’y perdaient. C’est pour cela que le maître a per mis la philosophie actuelle, qui a pour but d'abréger les épreuves et de rendre plus courts, par ses enseignements, nos passages , dans le monde terrestre ou dans les globes du même degré; ce que l'admirable théologie des druides appelait le cercle des voyages.
« Mais il n'y a pas que les druides qui aient eu ces pensées véridiques sur les réincarnations; les anciens juifs eux-mèmes adoptaient ces idées qui leur étaient familières. Les monuments anciçns de la cabale traditionnelle en font foi, puisqu'ils parlent des transmigrations de l’âme.
« Il y a mieux que ces documents, dont l’âge pourrait être à la rigueur contesté; il y a les opinions vivantes dont les Évangiles font mention, et que Jésus, le divin Messie, n’a jamais contrqjlites. On lui demande, en effet, si un aveugle de naissance était puni pour ses fautes antérieurqg, il élude la réponse.
a En tous cas, cette seule question prouve que les juifs croyaient à la préexistence. De même, lorsqu'on l'interroge si Jean-Baptiste ne serait pas Elic, dit-il que c'est impossible? Nullement, il répond que si on veut bien l’entendre, c'est là cet lïlie qui doit venir ; de quelque façon qu’on interprète ces paroles, tout au moins Jésus reconnaissait Ja possibilité du retour d’Élie. Il y a dans l'Evangile de saint Jean tout un passage de controverse entre Nicodème et le Christ, qui suppose évidemment que ces
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questions étaient agitées parmi les docteurs d’Israël. De même que la préexistence explique l’épreuve terrestre et les faits de cette vie, incompréhensibles sans elle, de même les réincarnations et les existences postérieures des âmes expliquent l'ordre général de l’univers, le plan de la création, la justice et la miséricorde de Dieu; et une fois qu’on a admis le premier dogme, en est conduit, par une irrésistible logique, à reconnaître la vérité du second *. »
Nous allons rapporter un chapitre tout entier do Dieu , V homme, l'humanité et scs progrès , parce qu’il tranche au vif les questions de ce traité, et que nous affirmons de nouyeau notre opinion complète et formelle sur lu préexistence*et les réincarnations.
t Posons d’abord les principes :
« L’infini était complet en lui-même. Par la création, il n’a rien ajouté à son être. S’il a créé, ce n’est pas pour sa gloire; il n’avait pas besoin de nous. Son amour a voulu se répandre, il a voulu appeler d'autres êtres à partager, dans des degrés différents, les splendeurs de l’être et le bonheur de la vie.
« Dieu voulant produire des intelligences distinctes de lui, a dû les créer libres, pour qu’elles fussent des personnes, pour qu’elles eussent leur propre virtualité s. La liberté est donc l’attribut essentiel et distinctif de l’âme : Dieu ne pourrait le lui enlever sans l’anéantir, sans l’absorber dans son sein. •
« Dieu est indépendant; if ne tient l'être que de lui-même. Lui seul pouvait le communiquer aux créatures’.
« Mais quel degré de l'univers chacune occuperait-elle? Qui fixerait leur rang? l’arbitraire de la volonté divine? Dieu ne fait rien arbitrairement. Quel eût été le motif déterminant de tel ou