‹ La pluralité des existences de l'âmeChapitre 173 sur 193 · REJET DE L’ENFER ÉTERNEL · texte numérisé non relu

REJET DE L’ENFER ÉTERNEL

« Par sa volonté, puisque ce dogme en nie dans l’avenir la libn manifestation.

« Par son intelligence, puisque ce dogme attribuerait àl’homm un état absolu, permanent, contraire à l’idée de changement per pétuelleraeiit vrai pour toute créature.

« Mais de toutes nos facultés, celle qui s’élève le plus éner giquement contre ce dogme abominable et simple, c’est le sen timent.

« Dieu nous aura tirés du néant, il nous aura doué3 d’un funeste liberté , nous aura fait traverser des tentations san nombre, et des épreuves multipliées, et, après une courte vi qui n’est qu’un point dans le temps, il nous fermera à jamais 1 porte du repentir et de la réhabilitation; il fixera notre mobil succession, et nous donnera aussi, à nous, êtres bornés, notr absolu, notre domaine immuable, le domaine du mal et de 1 douleur. Il nous brûlera dans les flammes de son éternel auto da-fé, inexorable feu qui calcinera sans purifier, supplice atroc qui torturera sans régénérer.

« Et à ses élus, à ses bien-aimés, que donnera-t-il? Oh l qu les damnés ne leur envient rien! Il les séparera éternellemen aussi de leurs amis,deleursparents,deleursfrères.Qu’auraient-il à désirer ? Ne seront-ils pas des habitantsdelacité éternelle? N< nageront-ils pas dans un inépuisable océan de joie ! Quelle joie D’un cêté la lumière, de l’autre lesténèbres; ici les louanges inel fables, là les malédictions; ici encore les plus suaves délices là-bas les pleurs et les grincements de dents. Étrange tableau et à tout cela point de changement, l'absolu pour le boiiheu comme pour la souffrance. Entre les deux mondes, l’abime d l’infini et de l’éternité. Mais, s’il en est ainsi, Seigneur, où pren drez-vous des élus pour votre paradis? Certes, le mal est gram sur cette terre ; l’égoïsme y germe partout, et cependant je voi autour de moi la sympathie et la charité. Au milieu d’une fêle où tout resplendit aux regards, où l’orchestre jette sa bondissant harmonie, où les sens s’enivrent h la fois des mets les plu exquis, du sbn des voix, du charme de la beauté et du parfui

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