‹ La pluralité des existences de l'âmeChapitre 177 sur 193 · SOLUTION DE LA QUESTION DU MAL · texte numérisé non relu

SOLUTION DE LA QUESTION DU MAL

néant. Cela seul suffirait pour justifier leur création; car, si elles n’étaient pas plus heureuses, c’est à leur propre faute quelles devraient l’imputer. Jetons un voile sur ces sombres tableaux. J’espère, ô mon Dieu, qu’un temps viendra où tous les êtres produits par votre amour quitteront les sentiers du mal et marcheront à votre lumière; où toutes les sociétés qui peuplent vos mondes, réunies dans leur commune ascension par une solidarité universelle, graviteront vers vous de perfections en perfections; où enfin la création tout entière ne sera qu’un concert de reconnaissance et de bénédictions.

« Si le bien et le mal se sont également partagé la vie d'une âme, elle va dans un monde à peine supérieur à oelui qu’elle quitte; mais partout la liberté existe, partout le mal est relatif et transitoire, partout il y a espoir de réhabilitation.

« Nous sommes maintenant en mesure de résoudre la question du mal dau3 l’humanité.

« Presque toutes les philosophies se sont accordées à reconnaître son caractère négatif et transitoire. Pourquoi le mal est-il négatif? Par une raison très-simple : le bien a une existence positive, parce qu’il a un premier auteur immobile et absolu. Le mal, au contraire, c’est la borne, l’imperfection, la négation, la mutilation de l’être complet. Pourquoi le mal est-il transitoire? Parce qu’il n’est que dans la créature, et que celle-ci est essentiellement changeante et mobile. A'insi , suivant que tel ou tel monde est un paradis, un purgatoire, un enfer, le mal s’efface ou s’équilibre avec le bien, ou prédomine tout à fait. Le mal, qui nait de l’imperfection et de la liberté des créatures, n’est pas un seul instant à l’état absolu, l’éternité ne lui appartient pas. Il est évident, dès lors, que Dieu ne pouvait l’empêcher, puisqu'il ne pouvait communiquer sa perfection dans toute sa plénitude, puisque le libre arbitre était nécessaire à la personnalité des intelligences. Il resterait seulement le reproche d’avoir créé et d’avoir produit indirectement le crime et la douleur. Mais ce reproche tombe encore, si nous considérons que dans les siècles des siècles la liberté méritante des créatures peut faire dispa-.

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