CONDITIONS DES EXISTENCES FUTURES
ment constituent le nécessaire de la vie. Le reste n’est que du superflu *. Otez la nourriture, la difficulté de locomotion, le logement et le vêtement, il n’y a plus de pauvres. 11 est donc trèsaisé de se figurer ce que peut être le progrès dans les mondes futurs, en supposant la matière de moins eu moins pesante, de moins en moins sensible aux influences extérieures, exigeant une nourriture de moins en moins grossière; d’un autre côté, un globe où les saisons seraient plus égales et les climats moins hostiles à la santé de ses habitants, où le sol donnerait ses fruits à un moindre travail, où les milieux ambiants .suffiraient à l’alimentation jusqu'à ce que nous soyons arrivés au moment de ce que les chrétiens appellent la résurrection, où notre corps deviendra impondérable, incorruptible et immortel. Les degrés de ces améliorations peuvent varier indéfiniment.
« Les facultés de l’âme subiraient un développement parallèle; car les sens étant les instruments de l'ânie, elle devient d’autant plus parfaite qu’ils sont plus parfaits, la satisfaction des besoins ferait disparaître les causes de lutte et d'égoïsme, la diminution du travail laisserait une carrière plus libre aux progrès de l’iutelligence et de la moralité. En quittant celte vie, l’homme arrive à une station correspondante à son degré d’initiation ; il va, comme le dit la cosmogonie indienne, au monde de ses œuvres, il prend la condition qu'il a méritée et revêt la forme corporelle la plus harmonique avec l’état de son âme; il porte dans une autre existence non-seulement son âme , mais encore l’essence de son corps, qui lui est indissolublement unie. Rien ne change en lui que la forme. Mais cette forme, jusqu’à ce qu'elle soit plus épurée, comprime le souvenir sans abolir l’identité.
« Quelle est la loi de ces renaissances et de ces transformations? Ceci est un des mystères de la Providence qu’on ne sau-
1. L’amour du luxe et du superflu est un signe de la grandeur humaine. Il prouve que la satisfaction des besoins physiques ne suffit pas à l’homme. 11 lui faut un raffinement de jouissance, une abondance de bien-être. C’est un indice que la terre est un lieu de passage, et que nos destinées ne sont pas enchaînées ici-bas.