‹ La pluralité des existences de l'âmeChapitre 23 sur 193 · Voyez Platon, tome 1er, p. 48. — 2. Ibid · texte numérisé non relu

Voyez Platon, tome 1er, p. 48. — 2. Ibid

PLOTIN

verselle *. Tout entière à la pensée, l’âme n'a pas non plus besoin de faire un retour sur elle-même pour se connaître. Elle se pense en pensant l’intelligible dont elle a pris la forme et avec lequel elle s’est identifiée: d’un côté, par le regard qu’elle jette sur toutes choses, elle s'embrasse elle-même dans l'intuition de toutes choses ; d’un autre côté, par le regard qu'elle jette sur ellemême, elle embrasse toutes choses dans cette intuition. C’est de la même manière qu’elle connaît les autres âmes *.

« Dans cet état, l’âme jouit de la vraie béatitude. Elle possède en effet la vie parfaite et véritable qui consiste dans l’acte de l'intelligence 3. Elle est complètement libre, puisque, désormais indépendante des choses étrangères à sa nature , elle s’appartient à elle-même et exerce son activité en elle-même. Elle jouit alors d’une vie véritablement conforme à sa volonté ; car la volonté ne tend qu’au bien *, et, par l’intelligence, l’âme reçoit du Bien absolu la forme qui la rend semblable à lui. Arrivée ainsi au but suprême auquel aspirait son amour, l’âme s’unit d’une manière ineffable à Celui dont tous les êtres reçoivent leur perfection, et cette union, qui l’absorbe et la ravit, comble tous ses vœux B. »

On le voit par ces citations, Plotin, malgré sa valeur philosophique, ne s’était pas encore affranchi de la croyance fausse à une métempsycose animale, ce que fit Porphyre, un des néoplatoniciens qui essaya d’accommoder cette idée avec la philosophie de son maître. Admettant comme un fait démontré l’hypothèse platonicienne de la réminiscence, il enseigne que nous avons déjà existé dans une vie antérieure, que nous y avons commis des fautes, et que c’est pour les expier que nous sommes revêtus d’un corps.

t. Tome 11, p. 290-291.— 2. Tome II, p. 299-300, 339-399.— 3. Tome I*', p. 75.— 4. Tome 1", p. 79, 97. *

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