PORPHYRE
Selon que notre conduite passée a été plus ou moins coupable, l’enveloppe qui recouvre notre âme est plus ou moins matérielle. Ainsi les uns sont unis à un corps aérien, les autres à un corps humaiu; et s’ils supportent cette épreuve avec Tésignation, en remplissant exactement tous les devoirs qu’elle impose, ils remontent par degrés au Dieu suprême, eu passant par la condition de héros, de dieu intermédiaire , d'ange, d’archange, etc. C’est, comme on voit, le spiritualisme de Platon étendu indistinctement à tous les hommes. Observons, de plus, que Porphyre ne fait pas descendre la métempsycose jusque dans la vie animale, quoiqu’il reconnaisse aux animaux une àme douée de sensibilité et de raisou.
En regard de cette échelle spirituelle, qui va de l’homme à Dieu, Porphyre nous en montre une autre, qui descend de l’homme à l’enfer; c’est-à-dire au terme extrême de la dégradation et de la souffrance : ce sont les démons malfaisants, ou simplement les démons comme nous les appelons aujourd’hui. Ils sont répandus dans le monde entier, et ce sont eux qui, poursuivant les âmes humaines, les contraignent à rentrer dans un corps lorsqu’elles en sont séparées 1. Mais Porphyre, sans s’expliquer aussi bien que les modernes sur la possibilité de l’amélioration de ces Esprits, ne croit pas à l’éternité du mal. Terminons par Jamblique :
« Examinons, dit-il, par quels êtres est accompli chacun de ces trois actes, le jugement, le châtiment et la purification des âmes.
« Si l’on en croit la plupart des Pythagoriciens et des Platoniciens, c’est par les âmes particulières elles- mêmes que ces
1. Voyez Dictionnaire des sciences philosophiques, v° Porphyre.