CHAPITRE III
LES MYSTÈRES
Timée de Locres. — Pythagorc. — Les mystères. — Cosmologie. —
Doctrine des mystères. sur l’unité de Dieu, — Sur l'immortalité, —
Sur la pluralité des vies, — Sur la préexistence.
Les peuples de la gentilité étaient dans l’enfance comme le peuple juif, et comme le furent ensuite les premiers chrétiens. Ils avaient donc besoin d’être retenus par des menaces formidables de châtiments dans l’autre vie, puisqu’ils ne pouvaient l’être, comme les juifs, par des châtiments temporels. Avec l’unité de Dieu, les législateurs et les pontifes d’Israël pouvaient très-bien faire redouter aux coupables les châtiments en cette vie. Mais avec le polythéisme, avec l’adoration multiple d’esprits bons et mauvais, de héros déifiés après leur mort, si le païen commettait quelque action blâmée et punie par un Dieu, il n’y en avait pas de si cruelle et de si immonde qui ne trouvât une divinité pour y applaudir et la protéger. Quant aux châtiments de l’autre vie, il fallait bien les représenter comme éternels. Le Cbrist lui-même a été contraint, pour notre bien, de nous en menacer à l’époque de sa mission. Les législateurs, les philosophes, les pontifes de la gentilité auraient-ils pu agir ainsi? Nullement. Comment, en effet, des Dieux