Fragm. deStyg., ap. Stob
COSMOLOGIE
ue professait pas, mais on dansait littéralement le système de Copernic, puisqu’on plaçait sur un tertre hémisphérique la maison du soleil, et que l’on exécutait autour la danse circulaire et toutes les grandes conjonctions des planètes. Ces danses continuèrent sous le christianisme, le soleil-roi étant devenu l’emblème du Christ dans la hiérarchie religieuse comme dans la famille.
Si nous consultons encore une antiquité plus reculée, elle nous répond très-catégoriquemeht par la plume de Théophraste et de Plutarque 1 que Platon, après avoir enseigné longtemps la circulation du soleil autour de la terre,
avait changé d’idée dans sa vieillesse et professait l’opinion
toute contraire ; que le génie de Platon n’était pour rien dans ce remords et que sa conversion n’était due qu’à Timée de Locres et à Archytas de Tarente z, deux célèbres pythagoriciens. On sait que , dans cette dernière secte , cette croyance était une affaire de religion, et par conséquent tenue fort secrète jusqu’au jour où l’indiscret Philolaüs divulgua le mystère en le rédigeant par écrit. Archimède, à son tour, l’avait puisé dans Aristarque de Samos 3, autre pythagoricien, et Plutarque nous montre Cléanthe accusant hautement ce dernier d’avoir troublé, par cette indiscrétion, le repos de Vesta et celui des dieux recteurs de l’univers *. Enfin, Hipparque fut chassé honteusement de son école pour avoir enseigné publiquement les dogmes pythagoriciens 5.
La filiation rétrospective est donc bien établie des derniers jours du paganisme jusqu’à Pythagore ;■ mais lui, ce
I. De facie lunœ, p. 922. — 2. Eusèbe, Prep., ltv. XV, ch. vin. 3. De Arenario. — 4. Plutarque, loc. cit. — 5. Saint Clément, Sirom., liv. V.
COSMOLOGIE
roi des sages, ce philosophe mystique, où pouvait-il avoir puisé une pareille inspiration? Sans doute à cette même école des Mystères qui lui avait appris tant d’autres choses, entre autres, tous les newtoniens en conviennent, la loi inverse du carré des distances.
Le célèbre astronome Bailly s’indignait, à la fin du dernier siècle, que l’on pût faire honneur aux Grecs et aux Romains d’une semblable découverte : «Jamais, disait-il, un pareil système n’a pu être conçu dans la Grèce ou dans l’Italie. Croira-t-on qu’il pût être appuyé sur des faits, chez les Grecs qui n’ont fait aucune observation? Oserait-on dire que l’esprit humain puisse s’élever seul à ce système, sans des faits qui l’y conduisent et qui puissent donner de la vraisemblance à une vérité tellement contraire au témoignage des sens? Les Grecs, à l’époque de Pythagore, ne faisaient que d’entrer dans la carrière astronomique et
n’étaient même pas en état de soupçonner cette vérité
L’optique n’est née dans la Grèce qu’au temps d’Aristote et de Platon, toutes ces hypothèses supposent de la géométrie, qui alors n’était guère avancée ; d’ailleurs il faut des observations suivies,... et toute la vie de Pythagore n’y eut certes jamais suffi L »
Plus d’un siècle s’est écoulé depuis Bailly et l’étonnement redouble.
« On ne saurait comprendre, dit un savant tout moderne, comment, dans l’absence de moyens suffisants d’observation, Pythagore a pu connaître la véritable position de la terre parmi les planètes, et en vertu de quelle puissance de divination il à émis sur son mouvement les admirables principes sous lesquels, vingt et un siècles plus tard, Copernic