I. Orphie, livre» VII et VIII, p. 303, 403 et
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chir violemment un grade sans l’épreuve et le mérite 1. » N’est-il pas défendu aussi à l’initié d’un grade de péuétrer, avant d’y être promu, les secrets du grade supérieur? Cette dernière défense est la condamnation du suicide. L’homme ne peut s’affranchir volontairement du degré terrestre de l’initiation. Ballanche a bien connu la haute signification des Mystères 2, car il fait dire à Thamyris, après son initiation : « Je compris la raison des épreuves de l’humanité,
1 . C’est ce que j’ai exprimé dans le chant des initiés aux grands Mystères, qui termine l’épilogue de Falkir.
l'alWir, nous déplorons ta chute.
Tu voulus éviter la lutte.
Brisant l’épreuve par la mort.
On ne mente pas sans effort.
Par une coupable escalade,
On ne s'élève pas au grade Avant de l’avoir mérité.
2. Que la doctrine de la vie future ait été enseignée dans les Mystères, on n’en saurait douter. Cicéron s’exprime ainsi dans le second livre des Lois : a Par le secours des Mystères, les hommes apprennent non-seulement à vaincre et à vivre dans ia paix, mais encore à mourir dans l'espérance d’un avenir meilleur. » Jamblique rapporte cette pensée comme comprise dans l’enseignement des Mystères : « Les âmes s’élèvent souvent à force de mérile dans les sphères supérieures ; alors franchissant les limites qui leur élaient prescrites, elles perdent leur existence intime pour revêtir celle de la famille et de la nouvelle société ?» laquelle elles sont agrégées, » [Des Mystères, secl. 11, cap. 2.) Plutarque, dans une occasion où il ne pouvait mentir, où il devait parler avec son cœur pour consoler sa femme de la mort de leur fille commune, a écrit : « Le vulgaire ( profauum vulgus) s’imagine qu’après la mort il ne reste plus rien de l’homme, qu'il n’y a pour lui ni biens ni maux ; lu sais bien le contraire, ô mon épouse chérie; uue tradition de famille (les aneClres de Plutarque avaient tous été initiés, son père avait été hiérophante) nous a transmis de génération en génération une doctrine différente. D’ailleurs, initiés comme nous le sommes aux Mystères sacrés de Kacchus, nous savons les grandes vérités. Oui, l’Auie est immortelle et un avenir lui est assuré. » {Comol. ad uxorem.)
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épreuves dont les Mystères d’Isis offrent une image 1. » Ballanche ajoute dans un autre passage ; « Les anciens disaient que les initiés seuls parvenaient à la vie heureuse de l’Élysée, et que les autres étaient plongés dans le Tartare ; dans le langage de l’initiation, cela voulait dire que le reste serait appelé à de nouvelles épreuves. Servius explique, et il y était autorisé, que l’enfer, la région inférieure, c’est notre monde 2. »
Tout dans l’organisation hiérarchique des mystères se rapporte au dogme des vies successives, des épreuves progressivement imposées, de l’avancement par l’initiation, des divers grades conquis par le mérite et par la vertu ; les Mystères étaient la représentation symbolique des destinées humaines. Le néophyte, après avoir passé la porte défendue par les trois gardes, s’engageait à ne plus reculer. Si la fermeté lui manquait dans les épreuves qu’il devait subir, il passait le reste de sa vie dans les appartements attachés au temple, où il pouvait cependant par son zèle, monter encore au rang d’officier subalterne s.
Le vestibule du temple représentait la vie terrestre, le séjour dès mondes inférieurs, de l’enfer; le sanctuaire où parvenait l’initié vainqueur des épreuves, était le symbole de la vie heureuse dans les grands cieux, dans les mondes supérieurs; de là ce principe : On ne peut s’élever que par le mérite et la vertu; la récompense n’appartient qu’à celui qui a traversé les épreuves. D’un autre côté, les degrés de l’initiation variant suivant l’avancement et le progrès de l’initié, on en déduisait cet autre principe : La récompense est proportionnelle au mérite.