‹ La pluralité des existences de l'âmeChapitre 51 sur 193 · ORIGÈNE. — LES DRUIDES · texte numérisé non relu

ORIGÈNE. — LES DRUIDES

Le dogme des vies successives, non moins antique et moins vénérable que le dogme de la préexistence, a cependant présenté une cause de répulsion générale parce qu’il a presque constamment été mêlé aux erreurs de la métempsycose dans l’antiquité, sinon dans les temps modernes.

Les Indiens enseignèrent le passage dans le corps des animaux. Pythàgore, Platon , Empédocle, se laissèrent aller au môme égarement. Origône même , le grand Origène, a été soupçonné d’une opinion pareille. S’il faut croire la traduction du Périarcbon, par Ruffin, on y lit que 1 : «Telle peut être la défaillance et la chute où la négligence et la paresse entraînent chaque créature, que, tombée dans le vice , elle soit enchaînée au corps grossier des bêtes privées de raison. » Et quelle apparence que Ruffin eût prêté gratuitement cette erreur à Origène? Il serait plus vraisemblable de l’accuser de l’avoir fait disparaître. On a d’ailleurs une lettre de saint Jérôme à Avitus, dans laquelle il reproche formellement à Origène de croire à la métempsycose. Heureusement pour Origène, nous avons deux textes diamétralement opposés, et comme ils se trouvent dans son Apologie contre Celse, et dans ses Commentaires sur saint Matthieu, deux ouvrages authentiques et dont nous possédons l’original grec, nous pouvons avec raison laver sa mémoire de cette accusation; mais c’est beaucoup que son système s’y prêtât et qu’il pût en être seulement soupçonné.

Les Druides aussi, dont nous venons d’exposer l’admi-

t. « Grandis nogligmliæ atque desidiœ ut, intanlum unum quemque deflueri nique evaeuari, ut ad villa venu-ns, irraiionabilium jumenlorum possil rrassn corpnri rolligari. » fl.il). IV. cap. v, art. 4.)

Page 1