S. Jean, c. I, v
7. Et non erat illis filius, eo quod esset Elisabeth stcrilis, et ambo
processissonl in diebus suis. S. Luc. c. I, v. 7. ,
ÉVANGILES
rie dans les termes mêmes de la prophétie de Malacbie :
« Il marchera, dit-il, devant le Seigneur dans l’esprit et la « vertu d’Élie, et réunira les cœurs des pères avec leurs « enfants1; » dans le ventre de sa mère il tressaille à la voix de Marie, qui porte le Christ2, comme s’il avait la connaissance du mystère que l'enfantement de la Vierge cachait au monde. On le voit dès ses plus jeunes ans dans le désert 8, vêtu, comme l’ancien Elie *> d’un vêtement de poil, et ceint grossièrement d’une ceinture de cuir, n’ayant pour toute nourriture que le miel des bois et quelques saute- • relies qu’il ramassait5. Jésus-Christ proclame lui-même à toute la foule du peuple : « Que Jean-Baptiste est Elie, qui « devait venir6. » Et. quand ses disciples, l’interrogeant un jour en particulier, lui disaient: «D’où vient que les scribes « et les pharisiens assurent qu’il faut qu’Elie vienne d’a- « bord? » le divin Maître leur répondit : « Il est vrai « qu’Élie doit venir, et qu’il rétablira toutes choses. Mais
1. Et ipse præcedet ante ilium in spiritu et virtute Eliæ, ut convertat corda palrum in filios. S. Luc, c. I, v. 17. Malachie (c. IV, v. 6) avait dit : Et convertet cor patrum ad fllios.
2. Eccc enim ut facta est vox salutationis tuæ in auribus meis, cxultavit in gaudio infans in utero meo. S. Luc, c. I, v. 44. Origène voyait aussi dans cette circonstance le signe d'une première existence qu’aurait déjà eue Jean-Baptiste. S. Hier., Epist. ad Âvitum (in Orig. Princip. lib. III).
3. Puer autem crescebat et conforlabatdr spiritu : et erat in desertis usque in diem ostensionis susp ad Israël. Ibid., v. 80.
4. Vir pilosus, et zonâ pelliceft aceinclus renibus. Liv. IV* des Rois, c. I, v. 8.
5. Ipse autem Joanneg habebat veslimentum de pilis camelorum et zonam pellieeam circa lumltos suos : esca autem ejus erat locustæ et
, mel sylvestre. S. Matlli., c. 111, v. 4.
G. Cœpit Jésus dicere ad turbas de Joanne... Et, si vultis reciperc, ipse est Elias qui venlurus est. Ibid., c. XI, v. 7-1 4.
EVANGILES
« je vous déclare qu’Elie est déjà venu, et ils ne l’ont point « connu; mais ils lui ont fait tout ce qu’il leur a plu. » Et ses disciples comprirent, dit l’évangéliste, que c’était de Jean qu’il leur parlait 1 *.
Jean-Baptiste, dans la croyance des Juifs, pouvait donc Lien être Elie lui-même en personne. Et il n’importe qu’il ait répondu aux docteurs de la loi, qui lui demandaient s’il n’était point Élie, qu’il ne l’était pas ’; car il ne pouvait en avoir par lui-même la connaissance. Il eût fallu que Dieu la lui eût donnée par une révélation expresse. Mais de même qu’il cachait la virginité de Marie, cette mère bénie de son fils, y a-t-il lieu d'être surpris qu’il eût caché aussi cet autre mystère, qui n’aurait fait qu’exciter davantage la haine et la fureur des Juifs contre le prophète et contre le Christ qu’il annonçait? Saint Augustin, encore qu’il n’eût en lui-même le moindre souvenir d’avoir jamais existé dans une autre vie, s’était posé pourtant la question : « Si, avant « le temps qu’il avait passé dans le sein de sa mère, il n’a- « vait point été quelque part ou quelque personne3? » L’Eglise enseigne elle- même que le prophète Elie viendra en personne avant le dernier avènement du Christ. Mais comment viendra-t-il? Pense-t-on qu’il va tomber deê nues? Non, assurément; mais il naîtra comme est né Jean-Baptiste, comme est né le Sauveur, d’une femme mortelle, à la façon des autres hommes; il sera petit enfant, et il grandira comme eux.
Par exemple, lorsque les apôtres, sur la demande que le divin Maître leur avait faite de ce qu’on disait de lui parmi le peuple, lui eurent ouvertement répondu « que les uns
I . S. Malth., c. XVII. V. 10-13. — 2. S. Jean, c. I, v. 21 .
3. Fuisse alieuhi aul aliquisV Conless., lib. 1, c. vi, n. 5.
ÉVANGILES
« disaient qu’il était Jean-Baptiste, les autres Élie, et d’au- « très enfin, Jérémie, ou quelqu’un des anciens prophètes « revenus au monde1 2; » leVerbedeDieu, sans l.es reprendre comme s’ils eussent débité des rêveries dénuées de tout fondement, leur dit seulement : «Et vous, qui croyez vous que « je suis"8? »
Une autre fois, ayant rencontré sur leur chemin un homme aveugle de naissance qui mendiait , ses disciples l’interrogèrent sur cet homme : «Si c’était les péchés qu’il « avait commis ou ceux de ses parents, qui étaient cause « qu’il était né aveugle?» Ils croyaient donc qu’il avait pu pécher avant que d’être né 3? Et pourtant la sagesse du Verbe ne relève point une pensée si étrange; et, sans les détromper, comme il semble qu’il n’eût pas manqué de le faire s’ils avaient été dans l’erreur, il se contente de leur répondre: «Ce n’est point que cet homme ait péché, ni « ceux qui lui ont donné le jour, mais c’est afin que les « œuvres de la puissance de Dieu éclatent en lui 4 *. » Ce qui
1. Alii Joannem Uaplistam, aliiautem Eliam,alii vero Jeremiam, aut unum ex prophctis. S. Malli., c. XVI, v, 14. Ou, sein» S. Luc (c. IX, v. 19) : quia unus propheta de prioribus surrexil.
2. Dixit illis Jésus : Vos auleni, quem me esse dicitis? S. Malh., c. XVI, v. 1 5.
S. Le Père de Ligny dil, dans sa Vie de N.-S. Jésus-Christ (au cliap. XXXVIII, n. 145), « qu'on ignore ce que les disciples pouvaient « avoir dans l’espril lorsqu’ils faisaient eeile demande. » La chose est cependant assez évidente : il n'y a pas deux manières de l'expliquer, et Slolberg fait preuve d’un meilleur jugement , en reconnaissant ■ qu’elle était évidemment fondée sur l’idée qu’ils se faisaient que cet « homme, donl le châtiment datait de sa naissance, avait péché dans « une vie précédente, n Ilist. de N.-S. Jésus-Christ et de son siècle, liv. 111, r. XLUI, n. 2.
4. Et inlerrogaverunt eum discipuli ejus : Rabbi, quis peccavit,
hic. aut parentes ejus, ut cirrus nascerelur? Respondil Jésus : Noque