‹ La pluralité des existences de l'âmeChapitre 82 sur 193 · LEUR DIVERSITÉ · texte numérisé non relu

LEUR DIVERSITÉ

Paul et de saint Augustin a combattu avec plus de vivacité celle d’Origène, donton peut dire avec le cardinal Norriset Jansénins, que Pélage, en rejetant franchement le dogme du péché originel, n’a été que le continuateur. C’est la nécessité de maintenir ce dernier dogme qui a été la base fondamentale de toutes les objections qui se sont opposées dans l’Église à l’admission de celui de la préexistence individuelle; et c’est ainsi que, par l’ascendant de la mythologie hébraïque, par son accord avec l’instinct du droit de filiation, si absolu chez les Latins, par l’obligation de sceller par des fables puissantes le mystère de l’Incarnation, cette croyance, bien plus généralement répandue dans le inonde et plus conforme aux déductions naturelles de la raison que le mythe barbare de Moïse, a été, au moins pour un temps, comme nous l’expliquerons ailleurs plus en détail, rejetée dans l’ombre.

Bien que soumis à la même règle, réunis dans une en- • ceinte commune, liés par des chaînes semblables, destinés également à la mort, les êtres qui s’y trouvent rangés diffèrent cependant les uns les auties, tant par les qualités qui leur sont inhérentes que par les circonstances forcées auxquelles ils sont assujettis. Aucun n’est dans des conditions d’existence exactement identiques avec celles d’aucun autre, et les siècles qui, dans leur déroulement, amènent sur la terre des individus continuellement nouveaux, ne voient pas le spectacle de la même vie se produire deux fois. C’est la conséquence des épreuves et de leurs résultats divers sur telle ou telle àme.De là chacune d’elles, tout en conservant certaine^ analogies généiales avec les autres, est cependant devenue différente en elle-même de toutes les autres, et, en veitu des lois de l’harmonie du monde, a mérité ainsi des conditions d’existence conformes aux

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