‹ La pluralité des existences de l'âmeChapitre 84 sur 193 · DISTRIBUTION · texte numérisé non relu

DISTRIBUTION

saosse maudire implicitement lui-même; caries biens qu’il voit chez ses voisins ne sont pas un privilège à exciter son envie, mais un héritage qu’il possédait comme eux, qu’il pouvait conserver comme eux, et que, dans sa folie, il a mieux aimé dissiper. C’est lui-mémc qui s’est fait ce qu'il est devenu dans son être intérieur; c’est lui-même qui, par suite a préparé son berceau; c’est lui-même qui, en définitive, a déterminé toutes les données fondamentales de la vie qu’il est appelé à poursuivre pendant son séjour sur la terre. Par ce simple coup d’œil jeté sur l’univers au delà des portes de la naissance, la justice de Dieu reparaissant dans tout son jour, la paix redescend dans les âmes, la piété s’y rallume, et la société menacée un instant par la logique des désespérés, entretenue maintenant par les saintes ambitions qui se développent, reprend sa force, corrige autant qu’elle le peut toutes ces infirmités dans lesquelles elle ne voit que le résultat fatal du péché, et devient, grâce aux progrès de chacun , de plus en plus secourable à tous ses • membres.

En définitive, c’est au principe de la justice de Dieu que l’on peut rapporter toute l’argumentation d’Origène. C’est pourquoi , prise dans les termes les plus généraux qu’on puisse lui concevoir, sa conclusion est irrécusable. La distribution des conditions de naissance est un véritable système de peines et de récompenses; il faut donc nécessairement, puisque Dieu est juste et tout-puissant, que cette distribution soit déterminée par des mérites et des démérites; voilà le solide. Mais d’ajouter, comme Origène, que toutes les naissances sans exception sont des peines , et de n’admettre par conséquent dans les précédents de la population terrestre que des démérites, c’est ce que les principes n’assurent pas avec la même certitude. Ils l’assurent

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