‹ La pluralité des existences de l'âmeChapitre 91 sur 193 · RÉHABILITATION · texte numérisé non relu

RÉHABILITATION

sage, il découvre encore plus nettement cette grande échelle, ou mieux cette immense nuée qui, partant de dessous les profondeurs de l'abîme pour s’élever sans interruption jusqu’aux éblouissantes régions de l’empyrée, remonte incessamment vers Dieu avec des tourbillonnements infinis. «Il ne faut pas croire, dit-il, que le changement se fasse subitement; il ne se fera que par partie, et peu à peu, avec un temps énorme; la correction et le redressement s’accom-. plissent graduellement sur chacun en particulier, les uns dépassant les autres, et se portant d'une course plus rapide vers les hautetirs, d’autres les suivant de près, d’autres de plus loin, et ainsi de suite, sur une multitude innombrable de rangs composés de créatures en progrès, et en se réconciliant avec Dieu après lui avoir fait la guerre, ils vaincront ce dernier ennemi qui s’appelle la Mort, et qui doit être luimôme détruit, pour qu’il n’y ait plus d’ennemis1. » En définitive, tout est donc rappelé à la sainteté et à la béatitude, même le diable, cet exécrable épouvantail* de l’Orient de Zoroastre et de la chrétienté du moyen âge. Rien n’est plus formellement écrit dans Origène, malgré la témérité apparente d’une telle pensée, que la conversion finale de ce type fabuleux de la méchanceté. C’est un mythe qui résume en .quelque sorte à lui seul tout le système. Grèce à la vertu de Jésus-Christ, ce qui rendait le diable mauvais se dissipe, et il ne reste plus que le fond de la substance de celte créature, œuvre antique de Dieu, et pure comme les anges. «S’il est écrit, dit Origène, que le dernier ennemi qui s’appelle la Mort, sera détruit, c’est afin qu'il ne subsiste plus rien de mauvais au delà de ce ternie où il n’y a plus de mort, où il n’y a plus rien de contraire, où il n’y a plus

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