‹ La pluralité des existences de l'âmeChapitre 92 sur 193 · I . Serin., III. t · texte numérisé non relu

I . Serin., III. t

RÉHABILITATION. Ibl

aucun ennemi. Il faut entendre dans cette destruction du dernier ennemi, non pas que sa substance, œuvre de Dieu, sera anéantie, mais que la disposition rebelle de sa volonté, disposition qui ne procède pas de Dieu, mais de lui-même, cessera entièrement. Il sera donc détruit, non pour qu’il ne soit plus du tout, mais pour qu’il ne soit plus l’ennemi et la mort. Rien n’est impossible au Tout-Puissant, et nul n’est incorrigible par son auteur1. »

Il y a donc une différence considérable entre le mythe de Zoroastre et celui dTlrigène, relativement à la béatification des puissances du mal. Suivant la tradition de l’Arie, la conversion s’effectue tout d’un coup, d’une manière pour ainsi dire fatale, au milieu du déluge de feu qui, à la fin des temps, inonde la terre; suivant le théologien d’Alexandrie, ce changement ne s’accomplit au contraire que peu à peu, dans le cours des siècles qui doivent suivre la conflagration, et par un perfectionnement régulier. Il y a évidemment progrès de la première conception à la seconde.

Citons maintenant in extenso un long passage de Jean Reynaud sur notre grand Origène, au sujet des limbes, de l’enfer et du purgatoire :

« Il n’y a nul besoin, d’ailleurs, de ces lieux chimériques; il en existe assez d’autres pour nouer solidement la terre à l’univers. Il faut ajouter, en effet, à ceux dont nous avons premièrement parlé, ceux plus importants encore qui mêlaient les choses présentes de la terre avec les choses futures du monde entier. De même que les premiers venaient de l’univers à nous, ceux-ci vont de nous à l’univers; et les morts sont les poinls*par où ils s’attachent sur nous, comme l'étaient pour les autres les naissances. Il m’a souvent semblé que l’on pouvait se procurer une

t . Serin., lit.

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