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PROGRÈS DES VIES
a dit: «'Tourne-toi, mon âme, ver* ton repos, car le Seigneur l’a accordé ses bienfaits. » Mais jusqu’à ce dernier terme l’âme voyage, elle fait du chemin, elle traverse une série de stations différentes, conduite sans doute dans toutes ses marches par quelque motif d’utilité, selon les promesses de Dieu, ainsi qu’il est dit ailleurs : « Je t’ai affligé, et je t’ai nourri dans le désert avec la manne inconnue à tes prières, afin que ce qui était dans ton cœur se montrât ‘. » Le livre des Nombres est le monument qui, moyennant interprétation, a fourni à Origènc le plus de ressources. On ne saurait nier qu’il n’en ait tiré parti d’une manière parfaitement ingénieuse, même profonde. Il se demande quel a pu être le dessein du Saint-Esprit en voulant que les textes qu’il a dictés continssent la liste détaillée des campements d’Israël, depuis l’Égypte jusqu'au Jourdain, en faisant entrer dans la grande tradition du genre humain un document si peu intéressant. Il est frappé du nombre quarante-deux, qui est celui de ces campements, et qui est également celui des générations, depuis Abraham jusqu’à Jésus-Christ. Le nombre des échelons marqués dans l’histoire du Verbe, depuis l’acte de sa promission jusqu'à celui de son incarnation, se trouve donc le même que celui des stations attribuées au peuple de Dieu, depuis l’acte de son départ, jusqu’à celui de son arrivée à la terre promise. N’v a-t-il pas là un sens caché, et le voyage du peuple de Dieu ne serait-il pas l’image mystique du voyage de l’âme depuis son départ de ce monde jusqu’à son arrivée au paradis final? Par un accord singulier, el dont les circonstahces géographiques de la région comprise entre le Nil et le Jourdain rendent compte assez naturellement, les noms des quarante-deux stations se prêtent d’üne manière à peu près satisfaisante, par leurs étymologies, à cette hypothèse singulière. Voilà donc le tableau des campements de Moïse totalement transfiguré, et devenu, sous le voilede l’allégorie, une sorte de poëme prophétique des pérégrinations de l’âme dans la grande traversée de l'uhivers. Elle part de Ramessé, en hébreu Mouvement de la