POSITION DU PROBLÈME
phijsica didicissent^ tantum sibi persuaserant, quantum natura admonente cognoverant ; rationes et causas rerum non tenebant. Enfin, l'orateur philosophe allègue le consentement universel de toutes les nations, comme une excellente preuve de l'immortalité de l'ime. Sénôque paraît faire aussi beaucoup dcT cas de la même preuve. Plutarque, qui rapporte le passage d'Aristole cité cidessus, au suje: de la grande antiquité de cette tradition, ne manque pas de l'approuver et de faire voir que les philosophes et les poêles les plus anciens ont enseigné unanimement que les hommes vertueux et les héros seraient honorés après cette vie, et qu'il y aurait un certain séjour fortuné où leurs ûmes résideraient. Le même philosophe écrivant à sa femme pour la consoler de la perte d'un de leurs enfants mort en bas âge, suppose que les âmes des enfants mômes passent de cette vie à un état meilleur et plus divin, conjecture autorisée par les lois et les anciennes coutumes de leurs ancêtres ^
Ces témoignages suffisent pour faire voir que la doctrine de l'immortalité de l'âme fut généralement reçue par les hommes dès les anciens temps.
Une fois l'immortalité de l'âme reconnue, tout n'est pas fini pour la pensée philosophique. Quelles sont les formes de la vie future? Après cette vie terrestre, tout est-il ter miné pour l'épreuve? Sommes-nous irrévocablement jugés sur ce que nous avons fait ici-bas? Le châtiment comme la récompense sont-ils immobiles? Les peines sont-elles purificatrices ou constituent-elles une stupide et irrémédiable vengeance? L'expiation est-elle sans limites et se continue t-elle durant l'éternité des siècles? La récompense est-elle
1. Plularch., ubi sup., p. 120. B.-Oper., t. II, p. CI2. - /^irf., N. 13. — Ibid., N. IG.
obtenue de prime saut et la béatitude est-elle invariable?
Ce sont là les fausses idées que repoussent à la fois toutes les traditions, toutes les aspirations de nos cœurs; elles sont contraires à la nature de Dieu comme à celle de l'homme. Outrage à l'égard de la Divinité; quant à l'humanité, c'est un non-sens. Nous démontrerons que personne n'y a cru chez les anciens, que chez les chrétiens seuls ces opinions ont été reçues quelque temps comme menaces, mais jamais sérieusement.
Nous établirons la foi du genre humain, c'est-à-dire la croyance à autant d'épreuves qu'il est nécessaire pour la guérison de l'âme; r
La négation de l'enfer étemel; La préexistence ; Les vies successives ; Le progrès dans la béatitude ;
Le mouvement initiateur et perpétuel de la création sous la direction de Dieu.
Tels sont les articles principaux des croyances de l'humanité.
Recueillons sur tous ces points la réponse de l'antiquité et d'abord de la théologie païenne.
Le système de la métempsycose qui, à cause de son antiquité, de sa diffusion et de son influence, a mérité le nom qualificatif de dogme, a pris naissance dans l'Inde. Son origine se perd dans la nuit des temps. Après avoir passé de l'Inde en Perse et en Egypte, il fut enseigné par plusieurs philosophes de la Grèce, pour se transformer plus tard dans le dogme catholique du purgatoire. La religion des Hindous, qui, pour expliquer l'œuvre génésiaque, avait adopté la théorie de l'émanation, indiquait comme but suprême, terme de tous les désirs et de toutes les aspirations de l'homme ,