partie de sa vie
• Le maximum d'un principe intelligent et animateur est le moment où il n'augmente plus en intelligence et en bonté. C'est pour développer cette intelligence, mère de la., bonté, qu'il a reçu le don de communiquer la vie à des organes, d'en jouir par leur moyen, d'employer ces organes à une suite de travaux qui, exerçant son intelligence, la fortifient, et, cultivant sa bonté, l'accroissent. Chaque fois qu'il redevient simple monade, il reste pour les lumières et pour le rang au degré de l'être organisé quelconque qu'il vient de quitter. Il ne descend plus, s'il n'a mérité la dégradation; et, s'il descend, ce n'est qu'après que rintclligence dont il était en possession a reconnu la justice de cette peine. Il ne peut s'élever que par une vie nouvelle, de nouveaux sens et de nouveaux organes; car, si son intelligence ne perd rien, elle ne reçoit rien non plus que par les sens dont elle est successivement douée dans les différents corps qu'elle anime, et elle n'apprend rien que par le travail qu'ils la mettent à portée de faire. Son élévation est plus ou moins grande en raison de la bonté ou de l'excellence de sa conduite dans sa vie précédente. C'est de là que dépend la nature de sa vie nouvelle. »
Je le déclare dans toute la sincérité de mon cœur, je n*ai trouvé chez aucun autre écrivain la pluralité des existences mieux affirmée, la nécessité des réincarnations matérielles pour les âmes imparfaites mieux établie, l'attente au monde
^^* DUPONT DE NEMOURS
spirituel dans les intervalles des vies mieux définie. Et c'est uu auteur du dix-huitième siècle qui a écrit ces lignes, et cet auteur est presque inconnu ou du moins très-peu cité.
« L'évidence jaillit du fond du cœur humain; les vérités mo-
raies ont un cachet auquel nous pouvons les reconnaître, c'est
leur conformité avec le sentiment universel de tous les hommes.
Lu médecine, suivijz la nature; en philosophie, écoutez l'instincr.
« Quand on vous dira que, pour plaire à Dieu, un homme doit vivre dans la contemplation, l'oisiveté, la solitude; qu'il faut s abstenir de manger lorsqu'on a faim, qu'il est bon de se déchirer la peau par 4in cilice ; de se donner ou de recevoir des coups de discipline, que celui qui se marie fait bien, et que celui qui ne se marie pas fait mieux i; qu'il faut, autant qu'il est en soi, . anéantir les races futures; qu'il est louable de ne transmettre à personne la vie qu'on a reçue et qu'on aime; qu'une belle jeune une doit faire serment de renoncer au bonheur d'être un jour épouse et mère; n'en croyez rien.
« Mais quand on vous dira que prendre le bien d'antrui est une mauvaise action, qu'attenter à la liberté de son semblable, que mettre obstacle à son travail est un délit grave; que ne pas respecter son père, vivre mal avec sa femme, ne pas chérir ses enfants est odieux; qu'attaquer, que trancher la vie d'un homme est un crime horrible; que se tuer soi-même est le plus irrémissible de tous; croyez-le : car, d'un bout du monde à l'autre, tous les hommes pensent ainsi même avant de le vouloir, et il faut pervertir leur esprit autant que corrompre leur cœur pour les faire penser autrement.
« Quand j'ajouterai qu'aucune action n'est absolument isolée que toutes celles qui sont bonnes produisent longtemps après elles et très-loin de ceux qui les font une heureuse suite de bien,