LE BOUDDHISME
loi pour ne suivre que ses désirs n'atteint pas la perfcciion ni le bonheur, ni la voie d'en haut. . '
Ainsi la théologie indienne ouvrait seulement après une 5érie indéfinie d'épreuves la vie infernale aux coupables, mais nulle part il n'est dit qu'on ne puisse rétrograder de relte vie, et l'ensemble même des livres sacrés de l'Inde admettait la régénération possible au bout de toutes les transmigrations et de par elles.
Un mot maintenant sur le bouddhisme.
Les nations de l'Orient, en général, composées, à ce qu'il parait, d'esprits peu avancés, ne s'élevant jamais à leur trépas au-dessus des nécessités de la renaissance terrestre, apportaient avec elles, en revenant ici-bas, l'intuition latente de cette triste perspective, dont la certitude se retrouve partout dans leurs pratiques, leurs cérémonies, leurs prières, leurs traditions religieuses. II y eut, avec leur besoin de far niente, d'oisiveté, avec leur mollesse et leur répugnance à l'action, une répulsion invincible contre cette loi inéluctable de la réincarnation; de là, dans le brahmanisme, tout aboutissait à ralTrancliissement de l'âme et à sa délivrance définitive des vies matérielles (avec cette différence toute en faveur du brahmanisme comparé au bouddhisme, que la recherche du brahmanisme était de parvenir, non au néant, mais aux régions d'où on ne revient plus) ; et c'est parce que les pratiques puériles et minutieuses de cette religion ne parurent pas assez rassurantes à cet égard que le Bouddha établit sa réforme, fondée sur l'acquisition, parles œuvres, du bonheur parfait, du repos indicible , du nirvana , en un mot.
Oui, c'est pour obtenir ce résultat, qui lui parait immense, au point qu'il en fait le salut du monde, que