‹ La pluralité des existences de l'âme [microform], conforme à la doctrine de la pluralité des mondes;Chapitre 158 sur 181 · Les Spirites et leurs cont radie teurs^ par Cliapelot · texte numérisé non relu

Les Spirites et leurs cont radie teurs^ par Cliapelot

n'avaient pu comprendre avant le spiritisme, c'est la création d'une âme pour une existence de dix minutes, par exemple. Pourquoi ce court passage sur la terre? Si cette âme était destinée d'avance à jouir du bonheur éternel, on chercherait en vain l'utilité de son infiniment courte apparition sur la terre. La doctrine de la réincarnation, ou pluralité des existences, exphque cela ; mais, si on ne l'admet pas, on se demande alors quel était le but du Créateur. Et c'est là justement où venaient se briser la raison et se confondre les idées. Nous ne trouvions rien pour justifier Dieu. Or, comme nous ne pouvions suspecter Dieu d'injustice, nous avions trouvé le mot mystère, et dans ce mot nous enfouissions tout ce que nous ne comprenions pas, comme dans les administrations on enfouit dans des dossiers appelés Divers tout ce qu'on ne peut classer raisonnablement ailleurs. Je demande pardon à mes lecteurs de cette comparaison matérielle, mais !.,.,..,

t Ensuite, serait-il bon?- Non, car il infligerait à ses créatures des peines éternelles pour des fautes commises dans leur existence terrestre, et par cela seul que ces fautes n'auraient pas été confessées avant le passage de la vie corporelle à la vie spirituelle. Non, encore ; car un homme qui se serait souillé de tous les vices, s'il se repentait avant de mourir, serait sauvé de l'enfer; tandis qu'un autre qui aurait été bon, charitable envers tout le monde, en aimant Dieu par-dessus tout, mais aurait pratiqué une autre religion que la religion catholique, serait perdu sans retour, par cela seul qu'il aurait été hors l'Église; car.: « Hors l'Église, point de salut ! » Croyez-vous qu'il ne soh pas plus logique et surtout plus conforme à la bonté et à la justice de Dieu d'admettre que, au lieu de punir éternellement une âme d'une feute qu'elle aura commise dans son existence terrestre, le voile des ténèbres qui lui couvrait les yeux se déchirera tôt ou tard, et qu'alors , la vérité lui apparaissant avec son cortège de vives lumières, elle demandera la faveur d'une incarnation nouvelle, avec le désir de mieux se conduire dans cette nouvelle existence, atin de faire un pas vers Dieu ?»

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Ce sont là de vrais et bons arguments, en ne les considérant, comme nous nous en sommes fait une loi, qu'au point de vue purement philosophique et rationnel. Nous allons résumer, d'après un autre auteur, les motifs qui plaident, selon lui, pour la pluralité des existences ^

« Il y a dans la doctrine de la réincarnation une économie morale qui n'échappera pas à l'intelligence humaine.

« Il est évident qu'une vie ne suffît pas à l'accomplissement des desseins de Dieu, lorsque, conformément à ses lois, un Esprit s'est incarné.

« La corporéité manifestant bien mieux les actes de vertu, et ces actes étant nécessaires à Tamélioration de l'Esprit, celui-ci doit rarement trouver dans une seule existence corporelle toutes les circonstances nécessaires à son élévation au-dessus de l'humanité.

« Etant admis que la justice de Dieu ne peut s'allier avec des peines éternelles, et l'expiation devant être proportionnelle aux manquements, la raison doit conclure à la nécessité :

« !• D'une période de temps, pendant laquelle l'âme examine ses pensées, forme ses résolutions pour l'avenir ;

« 2» D'une existence nouvelle en harmonie avec l'avancement actuel de cette âme.

tf Je ne parle pas des supplices quelquefois terribles infligés à certains esprits après leur mort.

« Ils répondent, d'une part, à l'énormité de la faute, d'autre part à la justice de Dieu.

« Quant à demouvelles épreuves, on comprend leur nécessité par une comparaison vulgaire, mais saisissante de vérité.

« Après une année d'étude, qu'arrive -t-il au jeune collégier? s'il a progressé, s'il a été laborieux, s'il a profité du temps, il passe dans une classe supérieure; s'il est resté immobile dans

I. Le docteur Grand, Lettre d'un catholique iitr le spiritisme.

son ignorance, il redouble sa classe. Supposons des fautes graves, il est ignominieusement expulsé. 11 peut errer de collège en collège, être déclaré indigne d'appartenir à l'Université, et passer de la maison d'éducation dans la maison de correction. « Telle est l'image fidèle du sort des Esprits. « Toute existence mal remplie exige une nouvelle existence, et rien ne satisfait plus complètement la raison ; si l'on veut creuser plus profondément la doctrine, on verra combien, en présence de ces idées, la justice de Dieu parait plus parfaite et plus conforme aux grandes vérités qui dominent notre intelligence dans l'ensemble comme dans les détails. Il y a là quelque chose de si clair et de si saisissant, qu'au premier aspect l'esprit en est comme illuminé,

« Et les reproches murmurés contre la Providence, et les malédictions contre la douleur, et le scandale du vice heureux eu face de la vertu qui souffre, et la mort prématurée de l'enfant, et, dans une même famille, les plus ravissantes qualités donnant, pour ainsi dire, la main à une perversité précoce, et l'idiotisme, et les infirmités qui datent du berceau, et les diversités infinies des conditions humaines, soit chez les individus, soit chez les peuples; problèmes irrésolus jusqu'à ce jour, énigmes qui ont fait douter non-seulement de la bonté, mais presque de l'existence de Dieu; tout cela s'éclaire à la fois, un pur rayon de lumière s'étend sur l'horizon de la philosophie nouvelle, et dans ce cadre immense se groupent harmonieusement ' toutes les conditions de l'existence humaine. Les difficultés s'aplanissent, les problèmes se résolvent, et des mystères impénétrables s'éclaircissent par ce seul mot : réincarnation.

« Les catholiques peuvent faire une remarque. C'est que la doctrine de la réincarnation explique très-rationnellement certains dogmes demeurés jusqu'à ce jour à l'état de mystère. Tel est, par exemple, celui du péché originel. Quels efforts d'imagination, quels sophismes laborieux pour le mettre d'accord avec la bonté et la justice de Dieu! Eh quoil l'humanité tout entière condamnée et maudite pour la faute d'un seul homme! Certes, ce

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dogme est gênant pour la théologie; il ne l 'est pas pour le spiritisme. « Au moment designé par les décrets de Dieu, des Esprils furent envoyés sur cette terre, et furent soumis à une loi. S'ils eussent obéi, ce monde eût été le séjour du bonheur car les hommes ne peuvent être heureux qu'eu pratiquant la loi de Dieu; ils désobéirent, ils méconnurent cette loi; au lieu de servir Dieu] ils ne servirent que leurs passions; ils se plougèrent dans la vie matérielle, et subirent les conséquences de la violation de la loi. La terre devint ainsi le séjour d'Esprits inférieurs, soumis, par conséquent, à de rudes épreuves qui sont à la fois des expiations pour le passé et un moyen d'avancement pour l'avenir; d'où l'on peut conclure que nul n'a le droit d'accuser la justice de Dieu. Condamnés à soufiTrir, nous expions des fautes commises par nous en des existences antérieures, et non la faute commise par Adam. Nous sommes ainsi responsables de nos propres actions et non de celles des autres, selon un principe d'éternelle justice, la seule que personne ne puisse méconnaître. Nous apportons en naissant le germe de nos propres vices, de ceux auxquels nous nous sommes livrés dans une autre existence; voilà le péché originel. De cette manière on le comprend; il est logique, rationnel. Quand l'Église l'enseignera de cette manière, elle fermera la bouche à ceux qui en glosent.

« Et rimmaculée-Gonception? Ce dogme qui a été l'objet de tant de railleries et qui a divisé le clergé, pour l'expliquer cst-il besoin d'avoir recours à tant de raisonnements qui aboutissent à cette conclusion : C'est un mystère qu'il faut croire, mais que l'on ne peut comprendre? Nullement ; il n'y avait qu'une seule chose à dire : Dieu a voulu que le Christ, la pureté môme, naquit d'un être pur; il a choisi Marie qui n'apportait pas en cette vie les souillures d'une autre existence; c'est-à-dire qu'elle n'était pas entachée du péché originel, non parce Dieu Tavait faite par exception irresponsable de la faute d'Adam, mais parce que sa vie précédente avait été wnctiGée par la vertu. Expliqué ainsi, ce dogme eût été compris par tout le monde, et personne n'eût ose le tourner en ridicule. »

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Nous donnons noire adhésion entière à ces explications, parce qu'elles sont à la fois conformes à la raison de rbomme comme à toutes les traditions religieuses, et nous applaudissons de cœur à toutes les tentatives modernes qui ont pour but de prouver ce grand fait des destinées psychiques, la pluralité des existences.

On trouve professés, dans l'école spirite, les principaux points qui constituent cette grande vérité : la préexistence, un corps spirituel pour maintenir l'identité et le souvenir dans l'intervalle des vies, enfin la nécessité de nouvelles épreuves pour l'avancement ou le redressement des ûmes, à la suite desquelles on aura par le périsprit virtuel une parfaite et entière mémoire de toutes les vies qui ont ùié successivement parcourues.

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