NOTRE OPINION SUR L'IMMORTALITÉ
Origine de l'âme. — Préexistence. — Réincarnation. — Exposé des principes. — Fausse béatitude. — Rejet de l'enfer éternel. — Vérité sur la vie future. — Solution de la question du mal. — Bonté de Dieu. — Saint Jérôme. — Moralité de notre doctrine. — Conditions des existences futures. — Profession de foi.
Nous avons, aux précédeijts livres, fidèlement rapporté ce qu'ont pensé les anciens et les modernes sur la question soulevée et résolue par la philosophie nouvelle
Il nous reste à faire connaître notre opinion, que nous avons exprimée dans quinze ouvrages philosophiques, depuis 1838 jusqu'à nos jours, sans avoir jamais changé sur les principes essentiels.
Nous n'avons donc rien de mieux à faire qu'à choisir divers fragments de nos œuvres et à les rapporter par ordre de matières, d'autant plus que ces ouvrages sont tous épuisés, et qu'il serait impossible de les réunir aujourd'hui.
Nous traiterons d'abord de la question de l'origine, c'cst-
ORIGLNE DE L'AME.
à-dire de la préexistence, que nous induisons : 1*> des inégalités intellectuelles et morales ; 2" de l'état inférieur de la \ terre, de celui de notre corps souvent maladif et infirme, de la diversité des conditions de fortune accordées à chacun Nous dirons ensuite un mol du péché originel et de la maniére rationnelle dont il faut l'entendre.
Passant enfin à la question de la destinée, nous montrerons que l'opinion de l'enfer absolu et de la béatitude oisive doit être écartée; puis nous établirons, d'une part, la pluralité des existences comme moyen, ~ d'autre part, Dieu comme but éternellement proposé à nos aspirations et obtenu déjà dans une plénit?jde suffisante par ceux qui sont parvenus à son royaume, grâce à leurs mérites et à leurs épreuves courageusement surmontées.
« Le problème de notre origine nous est caclié, et ce n'est que par l'observation des faits de l'existence actuelle que nous pouvons essayer de la résoudrç, en induisant le passé du présent. « Trois hypothèses ont été émises à ce sujet : « 1» Avant de venir sur cette terre, l'ûrae préexistait dans uc monde quelconque. La vie terrestre n'est qu'un point dans celle de l'individu; elle est liée ù un ensemble de vies diverses qui se retrouvent en deçà et au delà.
« 2» L'âme ne comraeuce d'être que lorsque l'enfant a été conçu dans le sein de sa mère.
« 3» L'âme ne se manifeste qu'à cet instant; mais l'essence en préexistait dans le premier couple.
« J'écarte de suite cette troisième hypothèse, qui rentre évidemment dans la seconde, la vie morale ne datant que du jour où Tessence se manifeste.
« Les deux premières hypothèses sont aussi anciennes que le monde. Si l'antiquité était pour quelque chose dans la solution de la question, on ne saurait à laquelle il convient de donner la préférence.