ORIGINE DE L'AME
« Notre tâche consistera à rechercher si les ph(!nomènes révélés par l'observation de l'âme indiquent en elle une vie antérieure, ou sont suffisamment expliqués par les faits de l'existence actuelle.
« Le double fait de l'inégalité des intelligences et de l'inégalité de la moralité, est admis par le sentiment général. Tous les jours on entend dire que tel ou tel enfant a des dispositions spéciales, que tel autre en a moins et d'autre part ne dit-on pas aussi, en parlant des enfants en bas âge dont l'éducation est à peine commencée, qu'ils ont des penchants vicieux? N'est-on pas quelquefois témoin, à ce sujet, d'inexplicables prodiges? Là ce sont des jeunes filles encore impubères, passant tour à tour de leur poupée à leur violon, atteignant l'habileté consommée des grands maîtres à un âge où beaucoup ne distingueraient pas une note de toute autre. J'ai nommé Théré^a et Maria Milanollo *. Parlerai-je des deux pâtres calculateurs, Henri Mondeux et Vite Mangiamèle; de l'écolier de Saint*Poelten, deColborn, deJédé* diah Buxton? Ce sont là des faits remarquables; mais combien d'autres qui, pour n'être pas aussi saillants, n'en sont pas moins très-positifs! Interrogeons les instituteurs et les mères de famille. Pas un d'entre eux n'hésiterait à affirmer l'inégalité des intelligences. Aussi quand Jacotot proclama le principe contraire, il souleva la plus vive opposition. Helvétius autrefois n'avait pas été plus heureux, quoique cependant l'égalité native fût la conséquence nécessaire du sensualisme qui alors demi-' nait tout*.
a Sur celte terre, on ne peut mer sérieusement l'inégalité intellectuelle et morale. Les philosophes qui ont soutenu l'égalité des intelligences n'y croyaient pas sincèrement, et n'émettaient ce l>aradoxe que comme uu mode d'encouragement pour tous, et comme préliminaires étranges d'un plan nouveau d*enseignement.
t. Dèê rage de neuf ans, Thérësa enthoueiasmait toutes les capitales de l'Europe. Baillot disait d'elle : u On croirait qu'elle a joué du violon avant de naître. » — 2. Dieu, Vhomme, etc., ch. viii,* 1847.