‹ La pluralité des existences de l'âme [microform], conforme à la doctrine de la pluralité des mondes;Chapitre 163 sur 181 · Exposé d'un nouveau systcmef etc., p · texte numérisé non relu

Exposé d'un nouveau systcmef etc., p

RÉINCARNATIONS.

peuplade de l'univers. Nous avons longtemps élé et nous sommes encore de misérables sauvages confinés dans une lie inconnue; nous ne serons vraiment grands que lorsque nous nous serons reliés aux sociétés les plus avancées du ciel; que lorsque nous serons dignes d'entrer dans la magnifique unité de la création. Le temps approche, puisque les hommes commencent à avoir une idée confuse de l'enchaînement des mondes. Quand le progrès sur ce point sera sérieux et que l'humanité aura marché, il n'est pas impossible de supposer que certains hommes auront une conscience certaine, quoique obscure, de leurs vies antérieures. Dans les moments où l'esprit se dégage le plus possible des entraves de la chair et vole vers l'infini sur les ailes de la pensée, il m'est arrivé d'avoir comme un souvenir vague de pays, d'êtres,' de choses dont rien ici-bas n'approche. Oh î si cela n'est pas une illusion, mon Dieu, soutenez ma faiblesse; que je remonte vers le pur foyer de votre amour; ici, je suis trop loin de vous, tout me pèse et me glace; si vous m'abandonniez, daus quel abîme ne tomberais-je pas! Pitié, Seigneur, j'espère encore, car je vous aime, et j'aime mes frères, que je voudrais entraîner vers vous avec moi *,

« Nous avons prouvé la préexistence par l'inégalité des intelligences et de la moralité des individus d'ici-bas. En admettant môme la réalilé des observations phrénologiques en général, tout s'expliquerait parce principe qui peut être établi : l'âme fait son corps au moyen de sa force plastique. C'est ce que les Latins exprimaient énergiquemcnt par ces mots : Corpus cordis opus.

« La préexistence prouvée, la doctrine des réincarnations 6n ressort fout entière; en effet, le passé entraîne l'avenir, et si nous sommes venus ici-bas pour nous perfectionner, et après de plus ou moins longues vies antérieures, comme le perfectionnement n'est pas complet pour la plupart des hommes, comme au point de départ ils ont encore des vices et des imperfections, il n'y aurait aucun motif rationnel pour vouloir faire de notre misé-

1, Dieu, l'homme, etc., ch. xiii, 1847,

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rable planète un séjour d'épreuves définitives; ceux qui l'ont pensé ont fait preuve d'un jugement faux et étroit. Cependant il faut reconnaître cet axiome : il n'est pas normal que l'âme vive deux vies terrestres. Le système de Pierre Leroux, sur une métempsycose purement terrestre, est condamné par tous les bons esprits. Non, le retour ici-bas n'est pas normal, et cependant i aheu fréquemment : c'est que l'homme transgresse la loi de Dieu, loi d'attraction et d'amour, d'ascension lumineuse et de progrès indéfini. Ainsi, ce qui est anormal est devenu une trop constante réalité par la faute des habitants de la terre, qui s'éloignaient toujours de plus en plus de leur souverain bien — Dieu, —qui cjtoyaient les abîmes du matérialisme et de l'impiété, et dont quelques-uns s'y perdaient. C'est pour cela que le maître a permis la philosophie actuelle, qui a pour but d'abréger les épreuves et de rendre plus courts, par ses enseignements, nos passages dans le monde terrestre ou dans les globes du même degré, ce que l'admirable théologie des druides appelait le cercle Ces voyages-

« Aîais il n'y a pas que les druides qui aient eu ces pensées véridiques sur les réincarnations ; les anciens Juifs eux-mêmes adoptaient ces idées qui leur étaient familières. Lès monuments anciens de la cabale traditionnelle en fout foi, puisqu'ils parlent des transmigrations de l'âme.

« Il y a mieux que ces documents, dont l'âge pourrait être à la rigueur contesté ; il y a des opinions vivantes dont les Évangiles font mention, et que Jésus, le divin Messie, n'a jamais contredites. On lui demande, en effet, si un aveugle de naissance était puni pour ses fautes antérieures, il élude la réponse.

« En tous cas, cette seule question prouve que les Juifs croyaient à la préexistence. De même* lorsqu'on l'interroge sur Jean-Baptiste, s'il ne serait pas Élie, dit-il que c'est impossible? Nullement : il répond que, si l'on veut bien l'entendre, c'est là cet Élie qui doit venir. De quelque façon qu'on interprète ces paroles, tout au moins Jésus reconnaissait la possibilité du retour d'Élie. Il y a dans l'Évangile de saint Jean tout un passage de controverse entre Nicodème et le Christ, qui suppose évidemment que ces

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