TÉMOIGNAGES
encore que jadis ils ajournaient à leur arrivée dans l'autre monde la régularisation de leurs affaires et le payement de leurs dettes. »
Ammien-Marcellin dit aussi que les Druides enseignaient l'immortalité de l'âme : « Pronuntiarunt animas immor- . taies \ )) Diodore de Sicile nous a conservé une coutume précieuse des Gaulois 2: « Us font prévaloir, dit-il, l'opinion « de Py thagore qui veut que les âmes soient immortelles et <' qu'elles aillent animer d'autres corps. G'estpourquoi,lors- « qu'ils brûlent leurs morts, ils jettent dans le bûcher des « lettres qu'ils adressent à leurs parents ou à leurs amis dé- « funls, comme si ceux-ci devaient les recevoir et les lire. » ^ Lorsque quelqu'un d'entre eux était malade, c'était un avertissement à se tenir prêt à un prochain départ ; mais s'il avait quelques affaires à terminer ou que les besoins de sa famille l'enchaînassent à la vie, il se cherchait un remplaçant parmi
slultos, nisi idem braccatî sensissent, qnod paniatus Pythagoras credidit... « Je les appellerais insensés, si l'opinion de ces porteurs de «. braies ne se retrouvait sous le manteau de Pythagore. » Ainsi, que tes Druides enseignassent seuls cette doctrine, ce serait folio ; mais puisqu'ils se rencontraient avec un philosophe connu de la Grèce, leur folie se changeait en raison. Peut-on voir une preuve plus formelle de la prévention qui accueillait les opinions des étrangers que l'on qualifiait de barbares? Valère-Maxime nous révèle un usage significatif des Gaulois. Après avoir dit qu'il n'y avait point de lamentations aux funérailles, il ajoute : « On garde dans un dépôt de Marseille un poison mêlé de ciguë, que l'on donne à quiconque fait agréer par les six cents tes raisons qu'il a de mourir. A cet examen préside une virile humanité qui ne permet pas de sortir légèrement de la vie, mais qui, si le motif de la quitter est juste, en fournit un moyen aussi prompt que légitime. » Il n'y a pas de peuple chez qui te mépris de la mort ait été j . poussé aussi loin que chez les Gaulois. (Valère-Maxime, liv. II, ch. vu, ' 6-7.]