LE CHRIST ET NICODÈME
LE ZOHAR
(( parlais des choses du ciel? » G'est-à-dire : je vous parle aujourd'hui de ce qui se passe ici-bas; non, vous ne serez pas perpétuellement attaché à la terre, l'homme ne tourne pas dans un cercle perpétuel ; si donc vous ne me croyez pas, vous me croiriez bien moins si je vous parlais des choses du ciel. De quelles choses du ciel? Logiquement, et selon Tordre des pensées, des choses du ciel en ce qui touche la renaissance dans les divers mondes, Jésus ne va pas plus loin. Son auditeur n'est pas préparé, puisqu'il n'a pas même compris de suite la parole du Maître. Jésus ne s'explique pas sur cette question, seulement il la fait pressentir et la pose en quelque sorte.
Cela nous confirme dans l'opinion émise par saint Augustin : Christus sicut magister alia docuitj alia non docuit. Le Christ, comme un bon maître, a enseigné certaines choses, il a gardé le silence sur d'autres. La parole de Dieu a dû prendre les limites du fini, et devenir successive.
« Le Christ n'a pas tout dit à ses disciples, parce qu'ils « ne pouvaient porter le poids de certaines vérités. » (Évangile de saint Jean, chap. XVI, v. 12.) Il leur a promis à eux, et à ceux qui croiraient en son nom, l'inspiration du Saint- Esprit, successive comme la parole de Jésus, car l'absolu ne peut s'établir sur la terre; elle a éclairé ses disciples et leurs successeurs, et continue à répandre sa lumière dans l'humanité, qui la recueille, et fait chaque jour i»n nouveau pas vers la vérité suprême.
Il est certain, d'ailleurs, que le dogme du Purgatoire, de l'Enfer, du Paradis, tous trois placés hors de la terre, implique la pluralité des mondes. Ce dogme, primitif et voilé, a été expliqué de nos jours par la philosophie nouvelle, et, de la pluralité des mondes à la pluralité des existences, il u'y a qu'un pas»