CHAPITRE II
LE ZOHAR
Son antiquité. «- Simon-ben-JoohftY.
latiun de la terre. — Cosmologie.
<?preuve8. — Élémentâ de l'homme.
— Pluralité des mondes. — Ro-
— Psychologie. — Pluralité des
— Science seCrète.
Il fallait qu'il y eût quelque chose chez les Juifs d'analogue aux Mystères chez les Gentils pour les âmes spirituelles et déjà avancées, afin de servir de préparation à l'avènement de l'Esprit de Dieu, qui devait succéder, selon les promesses et le plan de la révélation, à l'avènement du Messie, alors que les hommes en seraient dignes et auraient mérité de voir la puberté remplacer l'enfance. De môme, cQ effet, que tout devait être constitué en vue de l'apparition du Christ avant sa venue, de même tout après son épiphanie devait servir à l'attente non moins divine du second jivénement spirituel. Or, nous avons vu déjà que les révélations faites à l'humanité pub'ère sont : 1° /a pluralité des mondes et le rang véritable de la terre dans la hiérarchie de l'univers, vérité matérielle ; 2° la pluralité des existences servant de redressement et d'épreuve aux âmes, vérité morale. De même donc que nous avons vu dans les Mj/stereSf Copernic et Galilée devancés et enseignés, nous trouverons chez les Juifs la même doctrine secrète.
La Kabbale se composait en effet de deux parties, rHis-
LE ZOHAR
toù^e de la création et le Char céleste, ou explicatioa sur la nature divine et le monde spirituel. L'histoire de la Genèse pouvait être expliquée à une seule personne, naais pas à deux, et il fallait encore que Taudiieur eût atteint},' un certain ûge; mais quant à Thistoire ûu Char céleste ^ appelé la sainte Mercabad, il était défendu d'en parler, si ce n'est à un vieillard élu et prédestiné de Dieu pour recevoir cet enseignement^
La doctrine de la pluralité des mondes et de la pluralité * des existences remonte donc à une antiquité très-reculée, au premier .âge du monde, mais elle n'a été rédigée par écrit que dans le Zohar, le Sepher et le Jesirali, le grand et le petit Idra et les suppléments du Zohar. Quelques Juifs la faisaient remonter à Moïse comme tradition secrète donnée par lui à soixante-dix vieillards, en môme temps que la loi du Sinaï pour le vulgaire enfantin*; d'autres la disaient révélée à Abraham*.
Toujours est'il que le Zohar n'a été rédigé que par Simon ben Jochai et ses disciples, sur les documents antérieurs et oraux. Citons M. Franck :
€ Nous voilà arrivés à ceux qui prétendent que Simon ben Jochai a réellement enseigné à un petit nombre de disciples et d'amis, parmi lesquels se trouvait son fils, la doctrine métaphysique et religieuse qui fait la base du Zohar ; mais que ses leçons, d'abord transmises de bouche en bouche, comme autant de secrets inviolables, ont été rédigées peu à peu; que ces traditions et ces notes, auxquelles se mêlèrent nécessairement des commentaires d'une époque plus récente, s'accumulant, et par là même
1 . Voyez la Mischna, Traité de Vhatjuiga, 2* et 3« proposUions; March Nebouchtm, V* part., chap. LXII. — 2. Voyei Franck, La Kabbale, p. 51. — 3, Môme ouvrage, p. 2C7.